Étiquettes
Israël, la résistance libanaise, le Hezbollah, Les Etats-Unis, Liban
Ibrahim Al-Amine

Que les dirigeants de l’autorité d’occupation disent ce qu’ils veulent, que le président américain Donald Trump annonce ce qu’il veut, que les agents d’Israël au Liban et dans la région aillent jusqu’aux limites de leur imagination et montent au plus haut sur leurs chevaux, car la vérité reste plus forte que toutes les manœuvres de leurs magiciens ratés.
Ce qui s’est passé hier a révélé que les États-Unis ont reculé et qu’Israël est réapparu comme un instrument docile aux diktats américains. Benjamin Netanyahou a été contraint, malgré son discours belliqueux, de se plier au rythme de la Maison Blanche, dans un scénario qui reflète son incapacité à imposer ses conditions au Liban.
Hier, les États-Unis ont d’abord cédé, et Israël est réapparu comme un instrument docile aux diktats américains. L’incendiaire Benjamin Netanyahou a été contraint de se plier aux instructions de la Maison Blanche et d’annoncer sa défaite au Liban, face à des résistants qui priaient nuit et jour, enduraient la pression et les meurtres, mais qui restaient prêts, à chaque instant, à l’heure de la vengeance, ouvrant la voie à la prise de conscience que sans sacrifices, sans sang, sans sueur et sans larmes, il n’y a ni souveraineté pour le peuple, ni liberté, ni dignité.
À minuit, l’ennemi a été contraint de mettre fin à sa guerre criminelle contre le Liban. Cependant, ce cessez-le-feu nécessite des règles claires pour se transformer en une fin effective de la guerre, un retrait complet des territoires occupés, la libération des prisonniers et la garantie d’un retour en toute sécurité des habitants du Sud, de la Bekaa et de la Banlieue vers leurs foyers, qu’ils soient intacts, endommagés ou détruits. C’est là un combat de taille, qui pourrait rebattre les cartes si l’ennemi tentait de contourner les faits.
L’autorité d’occupation au pouvoir à Beyrouth sera confrontée au défi le plus difficile depuis que les Américains l’ont mise en place il y a 16 mois, et elle se trouvera face à une question à laquelle elle ne pourra échapper : va-t-elle se ranger du côté de son peuple pour effacer les traces de l’agression et garantir la sécurité des gens, ou va-t-elle revenir à ce qu’elle maîtrise le mieux, à savoir faire concession après concession pour satisfaire ceux qui l’ont portée au pouvoir ?
D’ici quelques heures, les places, les villages et les villes seront bondés de monde, et les habitants se précipiteront pour accompagner en terre les martyrs tombés dans cette guerre sainte, et de nombreuses instances s’empresseront de commencer à déblayer les décombres et à rouvrir les routes, dans l’espoir que l’État mobilise ses appareils pour soutenir ces efforts et aider à rétablir le minimum d’infrastructures permettant aux gens de rentrer chez eux.
Méfiez-vous des aventures de ceux qui ne savent que mettre le feu, et méfiez-vous de l’ignorance des nouvelles réalités imposées par le terrain.
Mais, d’ici quelques jours, que ce soit pendant le délai de dix jours fixé pour la trêve ou après, le véritable test de l’ennemi commencera. S’il croit pouvoir revenir à ce qu’il faisait avant le 2 mars dernier, il donne ainsi à la résistance le droit direct et légitime de riposter, sans demander l’autorisation à quiconque, ni à l’autorité de soumission ni aux autorités de tutelle.
Si, en revanche, l’ennemi s’engage à cesser complètement toute forme d’hostilités, il devra alors annoncer un calendrier très court pour le retrait de l’ensemble des territoires libanais occupés, et il ne sera pas acceptable de répéter le scénario d’une présence prolongée comme après la dernière guerre, car la résistance a été claire dans tout ce qu’elle a dit : elle existe pour chasser l’occupation, et elle fera ce qu’elle doit faire maintenant ou à tout moment !
Quant à l’autorité d’occupation au pouvoir, elle sera confrontée à l’épreuve finale, qui lui impose de respecter les droits des martyrs, du peuple, des résistants et des enfants de la terre. Dans le cas contraire, son balayage sera la première tâche du peuple qui a tant enduré à cause de la frivolité de ses dirigeants, du manque de moralité de ses tuteurs et du manque de patriotisme de ses hommes, au Liban et à l’étranger. Quant au refus d’un appel téléphonique avec le chef du gouvernement de l’ennemi, il ne s’agit ni d’une faveur ni d’une démonstration de force, mais cela devrait constituer le minimum d’une position normale pour un État victime d’agression et dont une partie du territoire est occupée.
Par ailleurs, ce que le pays a connu depuis deux ans confirme une fois de plus la nécessité pour le Liban de prendre une décision majeure visant à former un gouvernement d’union nationale, éminemment politique, regroupant les différentes forces qui reflètent la représentation du peuple, et constituant le seul lieu de discussion de toutes les questions importantes dans la vie des Libanais, depuis la restitution des fonds détournés jusqu’à la réhabilitation des institutions de l’État et de ses administrations, en passant par le renforcement de l’immunité nationale de toutes ses institutions, la fin de la tutelle américano-saoudienne, jusqu’à la discussion des moyens d’assurer la protection du Liban, à travers un projet national de sécurité nationale, qui soit réaliste et ne soit pas soumis aux diktats des ennemis américains et israéliens.
Un tel gouvernement, à ce moment précis, est le seul capable de mener une tentative sérieuse pour protéger la paix civile et empêcher les aventuriers qui ont déjà saccagé le pays à maintes reprises de revenir à leurs jeux sordides. C’est un devoir qui prime sur toute autre considération !
Parallèlement, un dernier mot au martyr M. Hassan Nasrallah : « Ô Monsieur, regardez vos fils qui nous ramènent l’époque des victoires… Que cela plaise ou non. »