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par William Schryver

Le discours dominant concernant la guerre en Iran est que les États-Unis et Israël malmènent sans pitié les Iraniens et sont sur le point de leur porter le coup de grâce, après quoi l’Iran se soumettra docilement à une capitulation sans condition et baignera les pieds de l’empereur Trump de ses larmes de repentir.

Du moins, c’est la version hollywoodienne de l’histoire.

Dans le monde réel, les stocks américains de munitions à longue portée (Tomahawk : environ 900 milles marins ; JASSM : environ 600 milles marins) ont atteint un niveau critique.

Dans le cas des États-Unis, il est presque certain que le stock de Tomahawk utilisables ne dépasse pas aujourd’hui ~2500, voire ~2000 si l’on tient compte du nombre de « ratés » enregistrés ces dernières années.

Il leur reste peut-être environ 3 000 JASSM.

Il leur reste donc environ 5 000 missiles de croisière subsoniques pour achever la tâche de soumettre l’Iran, tout en en ayant encore suffisamment pour combattre ailleurs si nécessaire.

Mais cela ne suffit déjà pas, loin s’en faut, pour affronter la Russie ou la Chine. Ils seraient épuisés en quelques jours.

C’est une situation pitoyable pour celle qui était autrefois « la plus grande armée de l’histoire de l’humanité ».

Quoi qu’il en soit, compte tenu de l’épuisement des stocks américains de missiles de croisière à longue portée, nous sommes arrivés à un tournant très important dans cette guerre.

Afin de vaincre l’Iran sans compromettre sa capacité déjà fragile à faire face à la Russie et/ou à la Chine, les États-Unis devront commencer à utiliser des bombes planantes au lieu de leurs précieux missiles à longue portée.

Le problème, bien sûr, est que le largage de bombes planantes JDAM nécessite que l’avion lanceur se trouve à moins de 40 milles marins.

Ceci se trouve bien à l’intérieur de la « zone dangereuse » des défenses aériennes iraniennes.

Bien sûr, la plupart des gens pensent que les défenses aériennes iraniennes ont été complètement éradiquées et que les avions américains et israéliens survolent désormais l’Iran sans opposition.

Une suprématie aérienne totale.

Je ne suis pas aussi optimiste sur cette question.

Certes, lorsque cette guerre a repris pour de bon il y a près d’une semaine, l’Iran ne disposait pas d’un réseau de défenses aériennes intégrées suffisamment étendu et profond pour se défendre de manière exhaustive contre les Tomahawk, les JASSM ou la poignée de missiles air-sol Sparrow dont dispose Israël.

Ils ont donc décidé de défendre au mieux quelques sites très importants, mais d’accepter par ailleurs la réalité que d’autres cibles allaient être touchées, du moins jusqu’à ce que les limites inhérentes aux stocks américains, déjà mis à rude épreuve, commencent à s’imposer inexorablement.

Je pense que les Iraniens ont judicieusement économisé leurs systèmes de défense aérienne en prévision du jour où les États-Unis et Israël seraient contraints de s’aventurer à portée pour larguer des bombes planantes.

Ce jour est soit déjà arrivé, soit très proche.

Les missiles et les bombes sont difficiles à abattre, mais pas les avions. Ils sont tous extrêmement vulnérables, y compris les B-2, F-22 et F-35.

Si les États-Unis envoient des avions « furtifs » en Iran pour larguer des munitions à courte portée, je m’attends à ce que certains soient abattus, y compris le très vénéré B-2.

Et si les États-Unis envoient des avions « non furtifs » en Iran pour larguer des munitions à courte portée, je m’attends à ce que plusieurs d’entre eux soient abattus.

Nous serons alors confrontés à une grave crise.

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