La reconstruction commence avec les élections municipales

Étiquettes

,

Discours d’Alain Fillon  à Saint-Médard-en-Jalles le 05/12/2013

J’ai parcouru hier l’Aquitaine et la Gironde pour soutenir nos candidats de l’UMP aux élections municipales. La journée s’est terminée par une réunion publique tenue aux côtés Alain Juppé à Saint-Médard-en-Jalles pour épauler Jacques Mangon.

 

les-anciens-premier-ministres-francois-fillon-et-a-copie-1.jpg

Cher Jacques,

Cher Alain,

Mes très chers amis,

 

C’est pour moi un immense plaisir de retrouver les militants de la France que vous êtes, et tous les élus à qui j’adresse un salut fraternel.

J’étais avant-hier à Nantes, hier à Manosque et Forcalquier dans les Alpes de Haute-Provence, demain je serai à Angoulême, et aujourd’hui, je suis depuis ce matin à Anglet, à La-Teste-de-Buch, à Gujan-Mestras pour épauler nos candidats aux municipales.

Et me voici ce soir pour soutenir Jacques Mangon , qui a le talent, la solidité, la générosité pour servir Saint-Médard-en-Jalles.

Jacques, nous avons confiance en toi et je crois que le temps du changement est ici venu !

Tu le sais, ton défi est non seulement municipal, mais il dépasse les frontières de cette commune puisque c’est aussi l’avenir de la communauté urbaine de Bordeaux qui est en jeu. Et cet avenir est décisif puisqu’il s’agit d’engager, sur un vaste espace, une politique cohérente en matière de développement économique, de solidarité, d’infrastructures.

D’une certaine manière, la réussite exceptionnelle de Bordeaux, portée et incarnée par Alain Juppé, pourrait s’étendre et fédérer tout un territoire !

Voilà l’enjeu qui est entre vos mains à toutes et tous.   

 

Depuis des mois je parcours la France, et je vois que la colère gronde et assaille un pouvoir qui a trop promis et mal agit.

Pour autant, l’opposition doit faire ses preuves, et c’est pour cela qu’il faut être à l’écoute et sur le terrain.

Depuis mai 2012, notre mouvement a connu des moments difficiles et les cicatrices sont encore là, mais le temps est venu de partir au combat ensemble.

La reconstruction commence avec ces municipales, et d’une certaine manière elle s’incarne ici, où Alain et moi-même unissons nos forces pour démontrer que notre famille politique est debout et rassemblée lorsqu’il s’agit de défendre des valeurs communes.  

 

Avec Alain, nous nous connaissons depuis bien longtemps.

Nous avons travaillé ensemble, nous nous rattachons tous deux à l’héritage d’un gaullisme qu’il faut prolonger et moderniser… il nous est même arrivé de nous opposer mais cela n’a jamais brisé notre estime réciproque.

 

Nous sommes aujourd’hui coude à coude. Et ca n’est pas seulement un geste d’unité, pas seulement un geste de confiance mutuelle, c’est aussi un message adressé à tous ceux qui pensent que l’UMP est en mal de crédibilité.

Alain et moi-même avons eu la lourde charge de gouverner la France, et j’ai la faiblesse de penser que l’union de nos expériences et de nos convictions est plus forte que tous ceux qui, à gauche ou à l’extrême droite, prétendent parler au nom des intérêts de notre pays.

La crédibilité est dans notre camp, et ceux des observateurs qui disent que la droite ne ferait pas mieux que la gauche se trompent lourdement.

 

Mes amis, avec ces municipales, le combat est local, projet contre projet, personnalité contre personnalité, mais l’enjeu est aussi national, et c’est de cela dont  je suis venu vous parler.

Récession économique, montée du chômage, augmentation des impôts, division regrettable des Français sur la question du mariage, accroissement de l’insécurité…

Malgré ce bilan calamiteux, le gouvernement reste convaincu que sa politique est la bonne.

Voilà pourquoi nous n’avons pas d’autre choix que d’utiliser ces élections municipales pour le contraindre à regarder la vérité en face !

 

L’urgence absolue est de stopper la spirale fiscale qui est en train d’étouffer notre économie.

C’est plus de 50 milliards d’impôts supplémentaires depuis l’arrivée de la Gauche.

Plutôt que de baisser fermement les dépenses publiques pour réduire les déficits, les socialistes ont demandé aux Français de payer la facture de leur politique.

 

Mois après mois, les impôts sont devenus un nœud coulant qui est en train d’étrangler l’économie française.

Ces impôts ont stérilisé la consommation et les prochaines hausses de la TVA viendront accabler un peu plus le pouvoir d’achat des ménages.

Ils ont paralysé les investisseurs français, et pour l’essentiel, ce sont les capitaux étrangers qui viennent à notre rescousse.

Ils ont réduit les marges de nos entreprises qui n’ont pas les moyens d’innover et ils ont renchéri le coût du travail, qui reste chez nous supérieur de 10% à la moyenne européenne.

 

Après avoir assommé le pays d’impôts, voici maintenant que le gouvernement se propose de remettre la fiscalité française à plat… Personne n’est dupe !

Dans le meilleur des cas, il s’agit pour le gouvernement de gagner du temps pour calmer la fronde de tous ceux qui en ont assez de payer la note du socialisme. 

Dans le pire des cas, on nous servira une réforme qui à l’évidence ne se traduira pas par une baisse des impôts, mais par une pression fiscale supplémentaire sur les classes moyennes. Pourquoi dis-je cela ?

Parce qu’il faut impérativement réduire nos déficits sous peine d’être totalement discrédité sur les marchés et en Europe !

Et comme ce gouvernement est incapable de baisser les dépenses publiques alors il continuera d’augmenter les impôts..

Les municipales, c’est l’occasion de dire «stop» à cet assommoir fiscal qui condamne notre nation à la stagnation et au chômage.

 

Depuis l’été 2012, notre pays compte près d’un demi-million de chômeurs de plus.

Le pari du Président de la République d’infléchir la courbe du chômage en multipliant massivement les contrats subventionnés est un peu dérisoire.

Il ne faut pas infléchir cette courbe mais tenter de la casser.

Avec plus de 3 millions de chômeurs, maintenant il faut oser !

Oser en assouplissant le droit du travail ;

Oser en sortant des 35 heures ;

Oser en mettant le paquet sur l’apprentissage ;

Oser en réformant de fond en comble notre système de formation professionnelle ;

Oser en instaurant la dégressivité des allocations chômage …

Je ne vous propose pas de retour en arrière, pas de fuite en avant non plus mais une rupture nécessaire avec la prudence des dernières décennies.

Pas par gout de la rupture mais parce que la France est au bord du déclassement.

Maintenant il faut y aller, c’est la dernière sortie avant la voie rapide du déclin.

 

Face à cette situation qui voit la colère se mêler à l’urgence, les élections municipales doivent être le premier acte du redressement national et du renouveau français !

Ici, vous avez un projet pour vos communes, mais je vous invite aussi à défendre une certaine idée de la République car la Liberté, l’Egalité et la Fraternité ont besoin de vous !

 

La liberté, c’est d’abord pour moi la capacité pour notre pays à maitriser sa souveraineté nationale.

Et cette volonté d’indépendance nous commande de remettre nos finances publiques en ordre car un pays qui croule sous les déficits et la dette est un pays vulnérable et à la merci des investisseurs extérieurs.

J’accuse François Hollande ne de pas faire de la lutte contre nos déficits une priorité, et je l’accuse de ne pas mettre le paquet sur la productivité et la compétitivité économique de notre pays qui est le seul en Europe à surtaxer à ce point les entreprises et le travail.  

La liberté se confond avec le pouvoir de créer et de travailler.

Dans une économie moderne, ce ne devrait pas être au Gouvernement de décider dans les détails, comment, dans quelles conditions, à quelle heure et à quelle date les entreprises vivent et se développent.

Ce devrait être aux entrepreneurs, aux salariés et aux partenaires sociaux de négocier des solutions sur le terrain. 

Il faut sortir des 35 heures, il faut assouplir ces règles étroites qui empêchent les salariés volontaires de travailler le dimanche pour augmenter leur pouvoir d’achat, il faut faire confiance au bon sens et au courage des Français…

 

La liberté n’existe pas sans préservation de l’ordre public.

Les Français sont excédés de voir l’Etat piétiner, hésiter et reculer devant les délinquants et la violence.

Il n’est pas acceptable qu’il faille attendre deux ans pour expulser les occupants d’un logement social transformé en entrepôt de drogue.

Pas acceptable que des terrains occupés illégalement par des camps de roms attendent des mois pour être évacués.

Pas acceptable que des gangs connus de tous échappent si longtemps aux foudres de la justice.

Le sentiment d’impunité continuera de prospérer si le premier réflexe est de trouver des excuses aux délinquants; et si le second réflexe consiste à tout faire pour leur éviter la prison.

N’en déplaise à Madame Taubira, avant d’être une victime de la société, un voyou est un voyou, et tant qu’il se croit impuni il se croit intouchable !

 

En matière de sécurité, les collectivités locales peuvent  agir sur le terrain, comme Alain l’a fait à Bordeaux !

Extension de la vidéo surveillance, mobilisation de la Police Municipale, fermeté face aux dégradations et aux occupations illégales… Les Maires de la droite républicaine et du centre peuvent et doivent se dresser en gardien de l’Ordre Républicain!

 

Mais cet effort ne sera efficace que si l’autorité est également restaurée au sein des foyers.

Avoir un enfant, c’est honorer des devoirs ! Celui de l’éduquer. Celui de lui transmettre des valeurs. Celui de le récompenser ou, au contraire, de le recadrer lorsqu’il le faut.

Ce ne devrait pas être le rôle de la Police ou de la Gendarmerie que de rappeler à des adolescents qu’à 22 heures on est à la maison et pas dans la rue.

La responsabilité parentale, c’est une valeur à laquelle nous croyons, et c’est une responsabilité que le maire et ses adjoints peuvent faire partager en allant courageusement au contact des familles pour leur rappeler leurs devoirs.

 

Il y aussi une liberté qui exige un sursaut.

Je veux parler de la liberté de croire ou de ne pas croire garantie par le principe non négociable de la laïcité.

Il y a un siècle, la République a imposé ses règles à l’Eglise, notamment catholique. Cela fut rude mais cela permis à chacun de vivre en harmonie.

Aujourd’hui, comment ne pas s’inquiéter devant les dérives liées à une interprétation dévoyée de l’Islam ?

Il y a une sorte de choc des cultures qui gronde et qui est un danger pour la laïcité, pour l’unité française, pour nos concitoyens musulmans eux-mêmes qui sont victimes de ces provocations.

Ce sont des questions qu’il faut aborder de front, comme nous avons l’avons fait en interdisant les signes religieux à l’Ecole et comme je l’ai fait en interdisant le port de la burqua qui est une prison pour les femmes.

 

Etre Français, c’est être tous égaux en droits et devoirs, tous responsables de notre pays, et pour tout dire, tous ensemble plutôt que chacun pour soi.

Voilà pourquoi je m’oppose à la société communautarisée, parcellisée, ghettoïsée, où chacun se replie sur sa religion, ses origines, son clan, en oubliant d’aimer la France qui transcende nos différences.

 

La République, c’est aussi l’égalité, qui va de pair avec la lutte contre les injustices. Mais cette lutte n’est admirable que si elle tire les citoyens vers le haut.

L’égalité, c’est l’Ecole républicaine qui entraine les enfants vers le savoir et l’excellence.

La gauche a combattu toutes les réformes de l’école depuis trente ans. Mettre les lycéens dans la rue est un exploit qui vaut à tous ceux qui l’ont réussit d’entrer au parlement sous les couleurs du PS.

Depuis plusieurs mois, la réforme bricolée des rythmes scolaires disperse les énergies, alors que la priorité est de restaurer la qualité de notre système éducatif qui est en train de décrocher.

 

L’Egalité, c’est aider à se relever celui qui met un genou à terre mais c’est refuser que l’assistanat devienne une règle de vie.

Voilà pourquoi je crois à la nécessité de conduire les chômeurs de longue durée à accepter un travail d’intérêt général de quelques heures par semaine car quand la société vous aide vous devez l’aider aussi !

 

L’égalité n’est pas l’égalitarisme, et il est donc normal que celui qui travaille plus que son voisin gagne plus que lui, comme il est normal aussi qu’un chef d’entreprise qui n’a pas tout réussi renonce à percevoir des indemnités qui sont déraisonnables.

Je rêve d’une France qui encourage et honore ceux qui se retroussent les manches et qui gravissent tous les échelons.

Il faut en finir avec ce mépris de la réussite, cette jalousie exacerbée, ce nivellement par le bas.

En République, chacun doit pouvoir être fier d’avoir réussi et de le dire car c’est le mérite qui permet de reconnaitre les individus à leur seul talent et leur seul courage.

 

Pour être valorisé le travail ne doit pas être surtaxé, et à cet égard, nos candidats aux municipales ont leur rôle à jouer en s’engageant à alléger la pression fiscale qui pèse sur leurs concitoyens.

Comment l’alléger ?

En réduisant les effectifs des collectivités locales qui ont embauché 350.000 fonctionnaires supplémentaires en 10 an ; en modernisant les services municipaux; en rationalisant et en fédérant les actions entre les collectivités car on ne peut plus se recroqueviller derrière nos 101 départements, nos 27 régions, nos 36.000 communes.

D’où l’intérêt de la communauté urbaine de Bordeaux qui doit permettre d’harmoniser les objectifs et de mutualiser les moyens pour les atteindre.

 

Quant à la fraternité, elle est le ferment de l’unité nationale.

Qu’importe à mes yeux les origines sociales, la couleur de peau, la religion, pourvu que le cœur soit généreux et respectueux de la France.

La Nation française a assimilé depuis des siècles des générations d’étrangers qui lui ont apporté leur énergie et qui sont parfois morts pour elle sur les champs de bataille.

Mais aujourd’hui, l’intégration vire au naufrage et dans certains quartiers on ne se parle plus.

Il faut accueillir moins pour intégrer mieux.

Pour cela, il faut resserrer l’immigration professionnelle aux stricts besoins de notre économie car avec 3 millions de chômeurs, la France a d’abord le devoir de remettre ses concitoyens au travail avant de se tourner vers les autres !

Il faut continuer à réduire l’immigration familiale en luttant contre la fraude, comme mon gouvernement l’a fait de 2007 à 2012.

Il faut réserver l’accès à certaines prestations sociales aux étrangers disposant d’un titre de séjour et ayant cotisé dans le cadre d’une activité professionnelle en France pendant au moins un an.

Enfin, il faut revenir à l’esprit du droit d’asile qui est d’accueillir des étrangers dont la vie est menacée dans leur  pays d’origine, pas d’offrir une voie détournée pour émigrer vers la France.

 

Mais au préalable de tout cela, il faut que l’Etat soit net et ferme. Avec l’affaire Leonarda, le Président de la République s’est montré incapable d’assumer clairement le renvoi dans son pays d’une famille en situation irrégulière qui a détourné nos lois et qui, au surplus, se moquait de son autorité.

Lorsque que la voix de la République est floue, alors les lois de  République sont détournées : voilà ce que François Hollande n’a pas compris.

   

Mes Amis, je combats ce gouvernement qui affaiblit notre pays et je dénonce le populisme et les extrémismes qui l’entraîneraient vers les ravins.

Je réclame que l’on respecte les français qui sont tentés de voter pour le front national parce qu’il faudrait essayer « autre chose » mais les respecter c’est les éclairer sur l’absurde et dangereux programme du FN.

C’est un programme de gauche avec les habituelles dénonciations du grand capital et des puissances de l’argent, avec la diabolisation de la mondialisation, avec le retour à la retraite à 60 ans de Mitterrand, avec augmentation de la dépense publique et le refus de réduire les emplois publics.

C’est le suicide collectif avec la sortie de l’euro et la dévaluation sévère qu’elle provoquerait, entrainant la ruine des petits épargnants.

Le programme du FN c’est le retour aux années trente, à l’abaissement de la France et au cortège de souffrance qui s’en suivit.

Entre le laxisme socialiste et l’extrémisme du Front National, nous sommes là, avec Alain, Jacques et tous les élus ici présents, pour défendre une autre vision de notre pays : celle d’une France qui croit au travail, à l’autorité, à l’éducation des enfants, au civisme.

Là pour promouvoir une société où l’innovation, la formation et la recherche scientifique et technologique nous réconcilient avec le progrès économique et social.

 

Là aussi pour dire que l’Europe ne doit pas être le bouc émissaire de tous nos maux et la source de toutes les démagogies. L’Europe à des défauts, mais elle est une civilisation millénaire, une civilisation brillante qui doit être notre protection et notre tremplin dans la mondialisation.

 

Autour de nous, mes amis, trop de nos compatriotes pensent que la France est «fichue», et il est vrai que dans un monde concurrentiel de 6 milliards d’habitants, la bataille est difficile.

Mais nous sommes la France, qui reste l’une des premières puissances internationales, la France qui tout au long de son histoire a souvent étonnée le monde par son audace et sa vaillance.

Nous sommes les héritiers de toutes les générations passées qui par leur travail et leur courage nous ont donné le privilège de pouvoir dire : «je suis français…. et j’en suis fier».

 

Au fond de notre cœur, il y a cette fierté qui nous invite à nous dépasser ensemble.

Alors, pour la France que nous aimons, nous devons nous battre, nous devons nous mobiliser, nous devons convaincre les sceptiques et les fatigués, nous devons nous rassembler pour aller chercher la victoire.

 Vive la France et vive la République !

Les commentaires sont fermés.