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Igor Siletski

OTAN-Russie : une confrontation détournée

La Russie restera isolée tant qu’elle n’apprendra pas à respecter la souveraineté des autres peuples et une puissante alliance occidentale s’impose pour le lui apprendre. Par conséquent, l’OTAN doit se tenir prête à faire usage de la force armée. Les déclarations de ce genre ont marqué le discours des dirigeants de l’OTAN à savoir Stoltenberg et Vershbow.

Tous les deux soulignaient en même temps qu’ils ne voulaient pas de « guerre froide ». Les discours contradictoires du Secrétaire général de l’Alliance et de son adjoint ont donné du fil à retordre aux analystes.

Chacune des interventions est on ne peut plus contradictoire. Mais quand Vershbow dit que le but de l’OTAN consiste à agir sur la Russie, il révèle plus ou moins la vérité. En effet, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov disait récemment que l’alliance était en train de se transformer en bloc antirusse :

« Au lieu de faire de l’OSCE une organisation normale qui assurerait réellement la sécurité pour tout le monde, nos collègues occidentaux ont opté pour une expansion irréfléchie et illimitée de l’OTAN en nous disant carrément que les garanties juridiques de sécurité ne pouvaient être assurées qu’aux membres de l’Alliance. Ils ont d’emblée rejeté notre proposition de conclure un traité de sécurité qui donnerait cette possibilité à l’ensemble des pays, tant aux membres de l’OTAN qu’à ceux de l’OTSC et aux pays neutres. »

L’Occident tente de monter que l’activité de l’OTAN est dictée par la menace émanant, curieusement, de la Russie en rapport avec la crise en Ukraine, alors qu’en réalité tous ses plans ont été élaborés bien avant le coup d’État à Kiev et notamment au sommet de septembre de l’OTAN au pays de Galles, estime Grigori Tichtchenko, directeur du Centre d’études de défense :

« La cause serait la crise en Ukraine mais les mesures en question étaient préparées bien à l’avance. Il était plus particulièrement prévu de créer un groupe unifié d’intervention rapide comprenant environ 5 000 militaires et déployé dans les États baltes. Il était aussi prévu de renforcer de volet maritime de l’OTAN et de créer de nouvelles bases militaires. »

Il convient de noter que Stoltenberg a pris ses fonctions à une date relativement récente et c’est sans doute pour cela qu’il s’est exprimé d’une manière assez évasive.

Par contre, dans la logique de Vershbow, le fait de sponsoriser le coup d’État armé en Ukraine, l’entraînement et l’armement des nationalistes et la tutelle directe de l’armée et de la police ukrainiennes par les États-Unis, ne sont pas des violations de la souveraineté ukrainienne. Le largage des armes américaines au-dessus de la zone du conflit armé en Syrie s’inscrit sans doute aussi dans les « règles généralement admises ». Tout porte également à croire que le droit de choisir souverainement leur sort ne s’applique pas non plus aux peuples d’Irak, de Libye et de Syrie. /N


Source:  http://french.ruvr.ru/