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Piotr Smolar

Il fut un temps où la colline était vierge. Seuls les gamins audacieux venaient jouer dans les broussailles et escaladaient les caillasses. Des photos décolorées témoignent de cette époque de l’innocence, où chaque mètre carré n’était pas aussi chargé politiquement qu’aujourd’hui. En contrebas, au sud, Jérusalem poussait. Cette croissance a fini par concerner la colline. Les juifs israéliens voulaient s’étendre, sans considération pour le droit international et les habitants arabes de Jérusalem-Est, occupée depuis 1967.
C’est ainsi qu’est né le quartier de Ramat Shlomo, en 1996. L’un des critères pour pouvoir s’y installer était d’avoir au moins huit enfants. « Aujourd’hui, la moyenne est tombée à 6,5 », dit Ezra Berger, le chef du conseil municipal. Mais Ramat Shlomo reste l’un des quartiers ultraorthodoxes les plus dynamiques du Grand Jérusalem. Et sans doute le plus contesté. Le 3 novembre, la Commission pour le plan et la construction du district a autorisé l’édification de 500 nouveaux logements sur des terrains privés au nord de la colonie, illégale car située au-delà de la « ligne verte » qui séparait, avant l’annexion de 1967, Israël des territoires contrôlés par la Jordanie.
Il s’agit d’un projet ancien, gelé pendant des années et qui prendra encore du temps avant de se concrétiser. A Jerusalem-Est, il est plus difficile qu’en Cisjordanie, pour des raisons politiques et urbanistiques, de repousser les murs des zones habitées par les juifs. Maladresse ou provocation : la première annonce du projet d’extension de Ramat Shlomo, en mars 2000, a été faite au moment de la visite en Israël du vice-président américain,Joe Bidden.
« On prévoit au total la construction de 1500 nouveaux logements, qui ont été mis en vente, dit Ezza Berger. Mais on est loin du début des travaux. Il s’agit d’un processus bureaucratique, on en entend parler quand un document passe du bureau 10 au bureau 11… »
Le mouvement politique,lui,est clair. Il s’agit de rendre irréversible présence juive dans cette zone, dans le cas d’une solution n&négociée avec les palestiniens.
Source: le monde.fr