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collectivités locales, Maires, Nouvelle génération, réalisme financier
Les maires élus pour la première fois en mars dernier se distinguent par plus de réalisme financier.
Le Salon des maires qui ouvre aujourd’hui est marqué par l’arrivée d’une nouvelle génération d’élus. La « vague bleue » de mars 2014 a balayé 40 % des 36.756 édiles. En soi, ce taux de renouvellement reste dans la moyenne des précédentes élections municipales. Mais la baisse des dotations de l’Etat conjuguée au ras-le-bol fiscal placent désormais les élus dans un dilemme compliqué. « Les maires qui viennent d’arriver constituent une nouvelle génération en rupture avec les précédentes. Ils ne peuvent plus promettre à tout-va et ne peuvent plus décider tout seul », constate Stéphane Pintre, président du Syndicat des directeurs généraux des collectivités (SNDGCT). A l’écouter, c’est la troisième génération après la fougueuse vague des « bâtisseurs » des années 1970 (Georges Frêche à Montpellier ou Alain Carignon à Grenoble) puis celle des « gestionnaires » des années 1980.
Pourtant, les statistiques officielles indiquent un vieillissement des maires, la moitié d’entre eux a plus de 60 ans et 43 % sont des retraités, une hausse de 10 points en cinq ans. On y trouve moins d’agriculteurs (13,7 %) qu’en 2008 mais nettement plus de professions intermédiaires (18,6 %). En revanche, jamais il n’y a eu autant de femmes à diriger les conseils municipaux, le taux de féminisation atteint 16 % contre 10,9 % en 2001 grâce à l’obligation d’alternance hommes/femmes dans la présentation des listes électorales des communes de plus de 1.000 habitants.
Priorité d’action
On assiste en somme davantage à un nouveau contexte qu’à une évolution sociologique des élus. Joël Bruneau, le nouveau maire UMP de Caen, estime que « les dépenses ne sont plus l’alpha et l’oméga de l’action publique ». Il cite quelques édiles exemplaires de cette nouvelle réalité : la centriste Brigitte Fouré à Amiens, le jeune dirigeant de Reims Arnaud Robinet, Edouard Philippe au Havre, etc. Pour Joël Bruneau, les maires doivent par exemple renoncer aux manifestations habituellement faites dans la communication ou en vue des réélections. « Au saupoudrage dans les festivals culturels ou le sport par exemple, je préfère concentrer nos efforts sur quelques événements. » La priorité d’action devient le développement économique du territoire.
L’association des communes moyennes, Ville de France, cite pour exemple la maire d’Albi, Stéphanie Guiraud-Chaumeil. « On ne peut plus raconter d’histoire aux citoyens : s’il existe une nouvelle génération, c’est bien dans la capacité de savoir dire non aux demandes des citoyens. C’est possible si l’on cultive la proximité », estime cette élue. La maire explique avoir par exemple relancé les conseils de quartier pour renforcer la démocratie participative. « Les événements de Sivens près d’ici nous ont tous confirmé la nécessité d’impliquer plus le citoyen dans nos décisions. »
Stéphane Pintre estime pour sa part que la cogestion avec le citoyen est le second défi des élus actuels, après la maîtrise des finances. Une double exigence qui peut être paradoxale, selon lui, car cette cogestion a pour inconvénient d’être dépensière et de parfois favoriser les intérêts privés sur l’intérêt général.