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Nommée secrétaire nationale à l’UMP par Nicolas Sarkozy sur proposition de NKM, Fatima Allaoui appartient à un micro-parti affilié au FN.
Sa nomination, proposée par Nathalie Kosciusko Morizet, met l’UMP dans l’embarras alors que la ligne établie par le nouveau président de la formation de droite est claire : pas d’alliance ou de rapprochement avec le Front National. « Nicolas Sarkozy lui-même a été très clair samedi matin (…) nous ne passerons aucun accord avec le FN et nous serons d’une fermeté totale à l’égard de quiconque dans nos rangs aurait cette idée », a rappelé la vice-présidente déléguée de l’UMP lundi matin sur France Info.
NKM affirme ignorer son passé
NKM a reçu ce lundi Fatima Allaoui, dans le but d’éclaircir le passé de la militante. « J’ai proposé cette jeune femme dont j’ai trouvé qu’elle avait un parcours de qualité (…) et par ailleurs un parcours issu de la diversité, et je souhaite promouvoir dans l’organigramme du parti des personnes avec des profils différents », s’est-elle justifiée sur France Info lundi matin. « Je ne savais absolument pas (…) qu’elle avait eu cette aventure politique, et je la recevrai dès cet après-midi. Si c’était confirmé, on en tirerait toutes les conséquences », a-t-elle ajouté.
Dans les colonnes de Libération dimanche, Fatima Allaoui a expliqué avoir « fait une crise d’adolescence politique » et s’être tournée vers l’extrême-droite « en désespoir de cause ». Selon le quotidien, la conseillère régionale de Languedoc Roussillon aurait claqué la porte de l’UMP qui lui refusait une candidature dans le canton de son choix pour les élections départementales.
L’UMP taxé de « communautarisme »
Le parti de droite invoque alors le cumul des mandats, chose dont elle se défend aujourd’hui en affirmant qu’elle aurait démissionné de son poste au conseil régional. Pour Fatima Allaoui, les motifs sont tout autres. L’UMP aurait préféré la placer dans un canton « à forte population maghrébine » jouant sur le vote communautaire, explique-t-elle à Libération.
Elle se serait alors tournée vers le maire de Béziers, Robert Ménard, élu avec le soutien du Front national et adhère au Siel dans le but d’obtenir l’investiture de son mouvement politique local «Choisir Béziers» dans son canton. Une tentative qui s’avère vaine puisque son ancien concurrent pour les municipales de mars 2014 refuse tout net. A deux reprises, affirme même Libération, et ce malgré le coup de pouce de Karim Ouchikh, le président du Siel.
Cet égarement politique aura donc coûté bien cher à Fatima Allaoui qui prétend, elle, avoir rendu sa carte du Siel et avoir été « sauvée » par NKM. Elle risque aussi de raviver à l’UMP le débat sur les rapports des élus locaux avec le Front National.