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  • Écrit par  GALIMARD FLAVIGNY Bertrand
La tradition laisse entendre que saint François d’Assise serait le créateur des crèches, telles que nous les connaissons.
Lors de la nuit de Noël de l’an 1223, dans les Abruzzes, celui que son père désigna sous le nom de François, car il revenait de France au moment de sa naissance, fit dresser un autel au-dessus d’une mangeoire entourée d’un âne et d’un bœuf dans une grotte afin d’évoquer Bethléem. « Et l’enthousiasme des habitants fut à la mesure de la ferveur du saint », raconte Nadine Cretin, auteur du Livre de Noël, avant de préciser que le développement de la crèche repose en fait sur deux évènements. (1) Les mystères qui se déroulaient sur les parvis des églises, devenus trop bruyants et trop divertissants, furent interdits au XVIe siècle. La lutte contre la Réforme encouragea par ailleurs les représentations immobiles de la nativité et contribua à l’apparition des premières crèches dans les églises.
Les représentations de la Nativité sont toutefois plus anciennes puisqu’elle fut un des thèmes privilégiés de la décoration des églises.
On en voit même des traces dans les catacombes.
Les artistes à travers le temps puisèrent leur inspiration dans l’Évangile de saint Luc et composèrent de multiples chefs d’œuvre que nous admirons aujourd’hui dans les demeures, les maisons, les musées, les églises et les chapelles. Nous pouvons même les dater selon la disposition des personnages et notamment de la Vierge Marie.
L’art romain La représentait allongée près de Jésus emmailloté.
Au XIIIe siècle, elle se pencha au-dessus de son visage, tandis qu’Il était couché dans la mangeoire.
Au siècle suivant l’Enfant-Jésus se tint dans les bras de sa mère ou sur son sein pour Le nourrir.
Puis au XVIe, sous l’influence italienne, Marie se montra agenouillée près de son Fils, dans une attitude d’adoration.

Le mot crèche vient de l’allemand krippe et désigne la mangeoire. Évoluant dans sa description, la crèche décrit aujourd’hui l’étable ou la grotte de Bethléem. Avec le temps, les crèches ont pris de l’ampleur, notamment dans les régions du sud de la France ; on ne décrit plus les santons de Provence (2) et qui n’a pas entendu la Pastorale des santons de Provence récitée par Fernandel ?
Mieux encore, Naples s’est fait une spécialité des crèches. Les « fabricants » ont installé depuis des lustres leurs ateliers dans la viaS. GregorioArmeno. Et la plus belle collection de crèches anciennes est réunie à l’intérieur de l’ancienne chartreuse de San Martino qui domine la ville. Là, le visiteur émerveillé court d’une vitrine à l’autre, tentant de pénétrer dans ce monde fait de rocailles, de chansons, de musique, de couleurs, de bruits, d’odeurs et de parfums…

Noël n’est pas seulement un décor, il est enraciné au plus profond de notre civilisation, de notre culture et de nos comportements. Ses « histoires, ses rites, ses coutumes et traditions » habitent le plus grand nombre des hommes qui peuplent la terre. Durant la période médiévale, l’acclamation, Noël ! Noël ! était le cri de joie poussé par le peuple à l’occasion de tout heureux événement qu’il soit politique, privé ou sentimental. Quelques esprits chagrins s’en sont pris à cette fête et à ses symboles, certes inspirés par la religion catholique, mais davantage païens. On se demande quelle tristesse s’est emparée de ceux-là qui ne parviennent plus à ressentir l’émotion que provoque l’émerveillement devant les illuminations, les chants, les sapins chargés de boules brillantes et ces crèches composées avec tendresse, car elles sont à l’image de toutes les familles.