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11/01/2015 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com) – C’est sous une pluie bien nantaise que 75 000 personnes ont manifesté samedi après-midi dans les rues de la Cité des Ducs en hommage aux victimes des terroristes islamiques, plus particulièrement aux journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo. Une foule où régnait le silence ponctué régulièrement par des salves d’applaudissements.
En tête du défilé une large banderole proclame : « Vivre ensemble libres, égaux et solidaires ». Un membre de la Ligue des droits de l’Homme explique le sens de ce slogan : « on a repris la banderole du 22 avril 2002 [date à laquelle Jean-Marie Le Pen était parvenu au 2ème tour de l’élection présidentielle] ». Les auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo étaient-ils lepénistes ? Manifestement certains voudraient bien le croire…
Co-organisateur de la manifestation Jean Brunacci, responsable du syndicat Solidaires et vieux militant trotskyste, dira au correspondant de Libération : « c’est bien la première fois que le préfet vient nous serrer la main au début de la manif ». Mais la manif est aujourd’hui tout ce qu’il y a de plus officielle. Officielle, mais sans drapeau français. Ceux-ci étaient étaient en effet interdits. « Est ce normal à une manif sur liberté d’expression d’être interdit de manif pour cause de port de drapeau français par ligue droit homme? » écrit sur son compte Twitter la jeune Yasmine Ghenaï conseillère municipale de Nantes (UDI), virée de la manif pour avoir voulu brandir un drapeau tricolore. L’unité nationale a ses limites…
Autre personnalité en tête du cortège, l’imam de la très intégriste mosquée nantaise Assalam de l’Association islamique de l’Ouest de la France rattachée à l’UOIF. Pour mémoire, en 2006 cette organisation avait poursuivi en justice Charlie Hebdo pour injures publiques suite à la publication de caricatures de Mahomet. Classée « organisation terroriste » par les Emirats arabes unis en novembre 2014, l’UOIF avait vigoureusement dénoncé cet état de fait.
Si plusieurs dizaines de musulmans ont tenu à défiler dans les premiers rangs du cortège et si en queue on pouvait voir une banderole d’un quartier « sensible » proclamant « à Bellevue on est tous des Charlie », la population des « quartiers » était pour sa part restée chez elle. Comme d’ailleurs celle de la France périphérique. La « diversité » n’était pas au rendez-vous de Charlie.
