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Par Maryline Baumard
Ils s’appelaient Yohan, Yoav, Philippe et François-Michel. Leur vie s’est arrêtée porte de Vincennes alors qu’ils faisaient leurs courses. D’eux, on sait encore peu de choses, mais les bribes d’informations dont nous disposons montrent à quel point ils reflètent une France diverse en âge, en profession, en goûts affichés et même en origine géographique.
Selon le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), cité par l’AFP, Yohan Cohen, 23 ans, habitait Sarcelles (Val-d’Oise). Yoav Hattab, 22 ans, était étudiant. Il était d’origine tunisienne. François-Michel Saada, lui, était père de famille. Il avait 64 ans, était cadre supérieur à la retraite. Quant à Philippe Braham, 45 ans, il travaillait comme cadre commercial dans une société d’informatique.
Pour respecter l’immense douleur des familles que nous avons, dans certains cas, jointes mais qui ne souhaitent pas s’exprimer, nous avons choisi de recomposer les éléments disponibles sur ces victimes en y ajoutant les indices divulgués par le CRIF auprès de l’APF.
Deux jeunes de moins de 25 ans
Yohan et Yoav avaient tous deux moins de 25 ans. Leur sourire vit encore sur Internet, qui garde quelques traces d’eux grâce au réseau Facebook. Yoav Hattab, de nationalité tunisienne, est issu d’une fratrie de sept enfants. Il a obtenu son baccalauréat au lycée français de Tunis avant de venir à Paris poursuivre ses études de commerce international. Il était, selon radio Mosaïque, qui a joint sa famille, le fils du grand rabbin de Tunis et directeur de l’école juive Benyamin Hattab. A Libération, Yamina Thabet, présidente de l’association tunisienne de soutien aux minorités, raconte à notre confrère combien « c’était quelqu’un d’extraordinaire » et combien c’est « une perte énorme ». D’après un des frères de la victime, Yoav était un habitué du supermarché casher de Saint-Mandé, où il était venu faire ses courses ce vendredi noir. Il vivait seul à Vincennes.
Deux pères de famille
Les deux victimes plus âgées sont deux pères de famille. Philippe Braham était marié et père de trois enfants selon le Daily Mail. Il travaillait comme cadre commercial dans une entreprise d’informatique. Selon le CRIF, il fréquentait la synagogue de Montrouge et ses enfants sont inscrits dans l’école juive de la ville, située non loin des lieux de la fusillade au cours de laquelle une policière municipale a été tuée jeudi matin.
Toujours selon le site britannique, il vivait dans le Val-de-Marne, à l’Haÿ-les-Roses où ses voisins évoquent une personne « qui ne parlait pas beaucoup » mais qui « disait toujours bonjour ».
Un profil qui ressemble à celui de François-Michel Saada, la quatrième victime de la porte de Vincennes. Ce dernier est né à Tunis le 6 juin 1951. Il avait pris sa retraite, quittant un poste de cadre supérieur. Son épouse, Laurence Saada, travaille, toujours comme institutrice psycho-motricienne, et ce, depuis plus de trente ans. Leurs deux enfants, adultes, Jonathan et Emilie, vivent en Israël, toujours selon le CRIF. « C’était quelqu’un d’extrêmement droit, qui a conduit sa vie pour le bonheur de sa famille, qui ne faisait jamais d’histoire. Un mari, un papa exemplaire », a décrit l’un de ses amis, interrogé par l’AFP. Le site de RTL, qui a obtenu des informations d’un autre de ses proches, le décrit comme « quelqu’un de dévoué, toujours prêt à rendre service aux autres ». Selon certaines sources, non vérifiées par Le Monde, il était le frère du rabbin de la synagogue de Pantin.