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Le monument à l’effigie du chef de la France libre, inauguré par Manuel Valls, sera visible de façon permanente au Musée national de Chine.

 Le Premier ministre Manuel Valls et son homologue chinois Li Keqiang ont dévoilé vendredi à Pékin une statue du général de Gaulle, célébré en Chine comme l’homme d’État occidental qui osa, en pleine guerre froide, reconnaître la Chine populaire, le 27 janvier 1964. L’inauguration de la statue en bronze, réplique de l’oeuvre de Jean Cardot installée sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris, est venue clôturer les célébrations du cinquantenaire des relations diplomatiques entre la France et la Chine communiste. « Le général de Gaulle, il y a plus d’un demi-siècle, a eu ces mots pour qualifier la décision qu’il prenait : c’était le poids de l’évidence et de la raison », a déclaré Manuel Valls, saluant « l’inspirateur de la relation franco-chinoise ».

Exceptionnellement, la statue du chef de la France libre sera visible de façon permanente dans le Musée national de Chine. Il y a un an, ce même musée avait exposé la Citroën DS 19 dans laquelle se trouvait le fondateur de la Ve République lors de l’attentat du Petit-Clamart en 1962. « Le général de Gaulle a été le premier homme d’État dans le monde occidental à voir, à prédire l’émergence de la Chine », avait alors expliqué Wu Jianmin, ancien ambassadeur à Paris de la République populaire de Chine.

De façon anecdotique, le bronze de la statue a été coulé en trois semaines en Chine, l’opération s’avérant impossible dans les temps en France, où les fondeurs demandaient six mois, a-t-on indiqué dans les milieux culturels en marge de la visite de M. Valls. Les Chinois associent parfois de Gaulle avec la « Grande France », sous-entendant ainsi la perte de puissance de la France actuelle. Ou qu’ils comparent Mao Tsé-toung et de Gaulle, dont la rencontre, voulue des deux côtés, n’a jamais pu se faire. Le Musée national de Chine donne sur la place Tian’anmen, coeur du pouvoir du régime communiste. Sur cette même place, le drapeau fut mis en berne le 10 novembre 1970, quand éclata la nouvelle de la mort de l’homme de l’appel du 18 juin 1940. Une première pour un chef d’État étranger.

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