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  • Francois Hollande Angela Merkel rendus Kiev jeudi

    Francois Hollande et Angela Merkel se sont rendus à Kiev jeudi – AFP/ SERGEI SUPINSKY

+VIDEOS Le chef de l’Etat français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel sont arrivés à Moscou. Ils doivent rencontrer le président Poutine pour tenter de trouver un accord qui mette fin à un conflit qui dure depuis dix mois.

Avant de monter dans son avion, François Hollande a affirmé qu’il se rendait à Moscou pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine et «  chercher un accord ». « Chacun est conscient que le premier pas doit être le cessez-le-feu mais qu’il ne peut pas suffire et qu’il faut aller chercher un règlement global », a précisé le président français à la presse.

Quant à Angela Merkel, elle a déclaré que l’initiative franco-allemande visait à «  s’engager pour nos intérêts, les intérêts franco-allemands mais aussi ceux de l’Europe (…) il s’agit de la paix européenne ». « C’est la responsabilité de chaque pays de mener ce type de négociations », a-t-elle ajouté. «  A travers ces visites à Kiev et aujourd’hui à Moscou, nous nous engageons pour mettre fin au bain de sang et pour faire vivre l’accord de Minsk », a dit la chancelière.

L’agenda de François Hollande modifié

François Hollande a modifié son emploi du temps de la journée de vendredi, remplaçant son déjeuner prévu à l’Elysée avec des chefs d’Etat africains par une série d’entretiens à Bercy avant de s’envoler pour Moscou, a-t-on appris auprès de l’Elysée. Initialement, le président de la République devait recevoir à l’Elysée le président du Kenya Uhuru Kenyatta avant un déjeuner avec l’ensemble des chefs d’Etat africains. Ce rendez-vous avec le président kényan et le déjeuner ont été remplacés par des entretiens avec les chefs d’Etat et de gouvernements africains à Bercy à midi. François Hollande s’est ensuite envolé à 12H30 pour Moscou.

Espoir d’un cessez-le-feu

Face à l’intensification des combats dans l’est de l’Ukraine, François Hollande et Angela Merkel ont exposé jeudi au président ukrainien Petro Porochenko le plan annoncé à la surprise générale jeudi par François Hollande lors d’une conférence de presse à Paris .

Cette initiative de paix franco-allemande, soutenue par Washington et par l’Union européenne, a tout de la médiation de la dernière chance au terme de 10 mois d’un conflit qui a fait plus de 5.300 morts et a provoqué une crise internationale rappelant les crispations Est-Ouest de la Guerre froide.

La présidence ukrainienne a indiqué dans la nuit, après plusieurs heures de négociations entre les trois dirigeants, que leur initiative « laisse espérer un cessez-le-feu ». Petro Porochenko a souligné que toutes les parties devaient respecter les accords de paix conclus à Minsk en septembre, les seuls pour l’heure signés par les Ukrainiens comme par les rebelles prorusses soutenus par Moscou qui ont engrangé ces dernières semaines les victoires militaires.

Intégrité territoriale de l’Ukraine

En fait de plan de paix, il s’agit plutôt d’une « contre-proposition » de plan de paix, Vladimir Poutine ayant soumis il y a quelques jours, selon plusieurs sources, des idées à Angela Merkel et François Hollande. Ces derniers en ont alors fait part mercredi aux Etats-Unis et à l’Ukraine et ont dans la foulée préparé leurs contre-propositions. Cette « nouvelle proposition de règlement sur le conflit » garantit « l’intégrité territoriale de l’Ukraine », a assuré le chef de l’Etat français, tout en prévenant Moscou que le temps était désormais compté et que « l’option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment ».

Davantage d’autonomie accordée aux séparatistes ?

Selon des informations publiées dans la soirée par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, mais démenties par le gouvernement allemand, ce plan prévoirait de « conclure un cessez-le-feu immédiat » contre une « autonomie plus grande accordée aux séparatistes, sur un territoire plus vaste que celui envisagé jusqu’ici ». « A Porochenko, on veut clairement faire comprendre qu’il s’agit de la dernière chance offerte à l’Ukraine d’éviter une défaite militaire et un écroulement économique », selon SZ.

Interrogé par la radio française Europe 1, l’ambassadeur de Russie à Paris, Alexandre Orlov, a estimé que la France et l’Allemagne devaient être « les garants » du respect du cessez-le-feu. Et si le plan de paix est adopté par toutes les parties, il devra être « garanti par l’Europe, les Etats-Unis et la Russie », a-t-il ajouté, disant vouloir « croire » au succès de la mission des Européens.

Washington privilégie la solution diplomatique

Parallèlement à l’initiative franco-allemande, les Etats-Unis continuaient de réfléchir à la possibilité de livrer des armes à l’armée ukrainienne, qui accumule les revers dans les régions séparatistes de Donetsk et de Lougansk. Mais en visite à Kiev, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a douché les attentes du gouvernement ukrainien concernant une annonce immédiate sur la livraisons d’armes à l’Ukraine en disant que Washington privilégiait « une solution diplomatique ». Barack Obama « passe en revue toutes les options dont celle de la livraison d’armes défensives » et prendra sa décision « prochainement », a ajouté John Kerry, afin notamment de laisser une chance au plan de paix des Européens.

De quoi l’armée ukrainienne a-t-elle besoin pour renverser la situation ? « D’outils de communication, de brouillage électronique ou des radars », selon Kiev; de drones, de missiles anti-char, selon un rapport indépendant récent rédigé par plusieurs groupes de réflexion américains. Mais une réponse positive des Américains risquerait d’être interprétée comme un casus belli par Moscou, et d’aggraver encore les relations russo-américaines qui traversent leur pire crise depuis la Guerre froide.

Les chefs des diplomaties russe Sergueï Lavrov et américaine John Kerry doivent se rencontrer samedi lors de la conférence sur la sécurité de Munich. Jeudi, John Kerry voulait croire que Vladimir Poutine pourrait encore jouer la détente et appelait le président russe à « faire le choix d’en finir avec la guerre ».

Des centaines de civils tués dans les bombardements

Sur le terrain, plusieurs centaines de personnes, en majorité des civils, ont péri dans les bombardements et les combats depuis le début de l’année. Illustration de l’urgence sur le terrain : la situation à Debaltseve , une ville de l’est tenue par l’armée ukrainienne et presque encerclée par les rebelles prorusses. Vendredi matin, une trêve de quelques heures y a été conclue pour permettre l’évacuation des civils pris entre les bombardements des deux camps. Parallèlement, au moins un soldat a péri dans des combats lors des dernières 24 heures.

http://www.lesechos.fr