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FranceEncore une fois, les journalistes du quotidien doivent faire bloc face à l’actionnaire Pierre Bergé. Celui-ci réprouve la publication des noms de personnalités visées par l’enquête Swissleaks.

Une nouvelle crise interne secoue Le Monde. Pierre Bergé, actionnaire du titre, reproche à son journal d’avoir divulgué les noms de gens connus ayant eu un compte en Suisse dans le cadre de l’affaire Swissleaks. En début de semaine, il a en effet accusé le journal de «populisme» pour avoir «jeté en pâture le nom» de personnalités mises en cause dans l’enquête. «Ce sont des méthodes que je réprouve. La délation, c’est la délation», a-t-il ajouté dans une interview à RTL.

Intrusion dénoncée

La rédaction du journal n’a pas manqué de monter au créneau pour faire bloc derrière ses journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme qui ont mené l’enquête. La Société des rédacteurs s’est insurgée dans un communiqué diffusé mercredi 11 février contre ces critiques, tout comme la direction qui a «déploré» les déclarations de Pierre Bergé.

«Nous condamnons avec force, comme les fois précédentes, cette intrusion dans le contenu éditorial. Le rôle des actionnaires est de définir la stratégie de l’entreprise, et non de tenter de peser sur le sens de l’information», a souligné la Société des rédacteurs.

Ce n’est pas la première fois que Pierre Bergé s’en prend au quotidien dont il est actionnaire. En décembre dernier, il avait pris à partie, en l’insultant sur Twitter, le journaliste littéraire du monde. Pourquoi? Ce dernier avait écrit une critique acerbe à l’encontre de l’écrivain Patrick Modiano…

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