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Benjamin Quenelle 
  • Le sommet Minsk l’Ukraine vire grande confusion

    Le sommet de Minsk sur l’Ukraine vire à la plus grande confusion – AFP/Maxim Malinovsky

 Le président ukrainien a jugé possible un accord avec la Russie, mais «inacceptables» certaines conditions. De nouvelles discussions sont en cours entre Petro Porochenko, Vladimir Poutine, Angela Merkel et François Hollande.

Les quatre chefs d’Etat sont donc actuellement à nouveau ensemble pour de nouvelles discussions, non plus dans le salon où ils ont passé l’essentiel de la nuit mais dans un autre salon à l’étage. C’est la plus grande confusion… Un accord semble bien éloigné. Et Merkel et Hollande sont très en retard pour le conseil européen à Bruxelles.

Multiples sujets de divergence

En tout début de matinée ce jeudi, l’accord négocié avec acharnement par le président ukrainien, la chancelière allemande, le président français et le chef du Kremlin était annoncé comme imminent. Les journalistes étaient déjà conviés dans un salon pour la signature et chaque chef d’Etat s’apprêtait à faire une déclaration. Mais, à la dernière minute, les négociations ont bloqué. Les émissaires, qui toute la nuit ont assuré la navette entre la salle des chefs d’Etat et celle du groupe de contact incluant les représentants des séparatistes pro-russes, se sont mis à nouveau à s’activer. Des allers retours frénétiques de textes sans cesse corrigés. «Ce n’est que le début…», confiait ironiquement à un journaliste russe Vladislav Sourkov, l’un des conseillers de l’ombre de Vladimir Poutine.

Dans le secret des salons kitch du palais présidentiel de Minsk, c’est ce groupe de contact (Ukraine, Russie, rebelles et OSCE) qui, réuni à huit clos depuis mardi, doit formellement au final approuver tous les détails de l’accord discuté politiquement par les quatre chefs d’Etat. Rien ne filtre sur les causes du blocage. Les sujets de divergence sont multiples. Les séparatistes prorusses ont soumis des propositions. Mais ils ont démenti être parvenus à un accord sur un cessez-le-feu, comme l’avait trop hâtivement rapporté l’agence de presse russe Tass. Les représentants de Kiev ont par ailleurs insisté sur le respect de la ligne de front telle qu’elle existait en septembre, alors que les séparatistes occupent 500 km2 supplémentaires grâce à leurs récentes victoires. Aurait du coup été envisagée la création d’une zone démilitarisée de 50 à 70 kilomètres de part et d’autre. Mais les rebelles s’y seraient opposés. «On n’est donc pas à l’abri d’un échec de dernière minute», prévenait un observateur français dès le début de la rencontre des chefs d’Etat.

http://www.lesechos.fr