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Quand les bécasses voleront en escadrille, Vanessa Schneider ne sera pas la dernière à prendre son envol.
Nicolas Gauthier

Vanessa Schneider, ancienne journaliste de Libération, actuellement au Monde et chroniqueuse de la matinale de RTL, et sa comparse Ariane Chemin (Le Monde également) viennent de sortir un livre, Le mauvais génie, consacré à Patrick Buisson, ex-éminence grise et cerveau d’appoint de l’ex-président Nicolas Sarkozy. Et comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, la première a profité, ce mercredi dernier, de son rond de serviette chez Yves Calvi pour faire la promotion de… son propre livre.

Il s’agit évidemment d’un livre de « révélations », mais qui ne « révèle » manifestement pas grand-chose. Patrick Buisson, donc, aurait été « d’extrême droite » dans sa jeunesse et même un peu après. Sans blague ? Oui, maurrassien, il a été proche de l’Action française ; anticommuniste, il fut aussi membre d’Occident. Ça, c’est du scoop, cocotte… Ce, d’autant plus qu’il a été loin d’être le seul, parmi l’actuel ou défunt personnel politique. RTL est peut-être la première radio de France, mais quand les bécasses voleront en escadrille, Vanessa Schneider ne sera pas la dernière à prendre son envol.

Patrick Buisson serait donc ami avec Jean-Luc Mélenchon ? La donzelle annonce ça comme si elle venait de conjointement découvrir pierre philosophale et machine à éplucher les petits pois, alors que c’était écrit dans Le Point il y a déjà plusieurs mois et dans le quotidien gratuit 20 Minutes dès 2012. D’ailleurs, en quoi cette « révélation » serait fracassante ? Les deux hommes sont férus d’histoire, partagent le même passé militant, souvent violent. Ça crée des liens.

Buisson aurait même parfois conseillé Mélenchon en politique. La belle affaire, sachant que le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle de 2012 est issu de la tendance trotskiste lambertiste – d’où viennent également des hommes tels que Lionel Jospin et Jean-Christophe Cambadélis – et que ladite tendance a toujours eu la réputation non usurpée d’être plutôt « virile » et quasi « militaire ». Ces gens de l’OCI, du PCI, du MPTT – les lambertistes aimaient à régulièrement changer d’enseigne -, on en a retrouvé un sacré paquet au Front national, et même dans des mouvements politiques classés encore plus à droite. Non, non… pas de noms…

Et c’est encore ainsi que Patrick Buisson s’est toujours fort bien entendu avec un autre trotskiste, Michel Field, issu, lui, de la tendance rivale, la Ligue communiste d’Alain Krivine, devenue Ligue communiste révolutionnaire après dissolution conjointe avec Ordre nouveau, le 28 juin 1973. Les deux hommes se sont connus en 2005, dans les couloirs de la chaîne LCI : Buisson doit intégrer le plateau de l’émission « Politiquement show », dirigée par Field. Patrick Buisson appréhende la rencontre. Michel Field arrive, tout sourire, lui tend la main tout en disant : « Michel Field, soixante-huitard ! » Patrick Buisson : « Moi aussi ! » Field : « Ligue communiste… » Buisson : « Occident… »

Les deux se sont immédiatement entendus comme larrons en foire. Points communs ? Encore la même passion de l’histoire, à laquelle s’ajoute celle de la littérature. Et de semblables engagements de jeunesse, même si pas exactement situés du même côté de la barricade. Comme quoi le bon usage de la barre de fer et du manche de pioche peut aussi créer des liens forts, une estime réciproque.

Mais allez expliquer ça à la petite Vanessa, dont la seule prise de risque consista à dénoncer le « fâchisme » en compagnie de Pascale Clark sur Canal+, dans l’éphémère émission « Un café, l’addition »… L’intitulé était des mieux choisis. Car après l’addition, on dégage.

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