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Andreas Lubitz, le 13 septembre 2009.

Le parquet de Düsseldorf [communiqué en allemand, au format PDF] a fait savoir, vendredi 27 mars, qu’Andreas Lubitz suivait un traitement médical et avait caché à son employeur qu’il faisait l’objet d’un arrêt maladie le jour de l’accident. Les enquêteurs ont retrouvé chez le jeune copilote des formulaires d’« arrêts maladie détaillés, déchirés » et qui concernaient aussi « le jour des faits ».

« Le fait que des certificats d’incapacité de travail, parmi d’autres choses, qui ont été déchirés, qui étaient récents et même datés pour le jour des faits appuient l’hypothèse qu’il a caché sa maladie à son employeur et à ses collègues de travail », a expliqué le parquet de Düsseldorf, qui ne précise pas la nature de sa pathologie.

Pas de message sur un projet de suicide

Des documents découverts lors de perquisitions menées dans son appartement de Düsseldorf et dans la maison familiale de la localité de Montabaur attestent par ailleurs que le copilote suivait un traitement médical. Par contre, aucune lettre d’adieux ou courrier annonçant un acte prémédité n’a été découvert.

Le copilote allemand, qui aurait délibérément provoqué la catastrophe de l’Airbus A320 de Germanwings mardi dans les Alpes-de-Haute-Provence, avait été soigné en 2009 pour un « épisode dépressif grave » et fait l’objet d’une prise en charge psychiatrique pendant un an et demi, selon le tabloïd allemand Bild.

D’après le quotidien, qui affirme avoir consulté des documents de l’Autorité de supervision du transport aérien allemande (Luftfahrt Bundesamt, LBA), Andreas Lubitz avait un « suivi médical régulier particulier ». Des informations transmises par Lufthansa, maison mère de Germanwings au LBA, assure Bild.

Des perquisitions ont été menées aux deux domiciles d'Andreas Lubitz, le 26 mars au soir, dans l'ouest de l'Allemagne.

Carsten Spohr, le patron de la compagnie aérienne allemande, avait confirmé jeudi que le jeune pilote avait interrompu sa formation commencée en 2008 « pendant un certain temps » sans fournir plus d’explications. A cette époque, selon Bild, il souffrait « de dépression et de crises d’angoisse ».

Rupture sentimentale ?

D’après le journal britannique The Times, Lufthansa savait bien qu’Andreas Lubitz était dépressif. Comme Bild, le quotidien de Londres évoque une rupture sentimentale récente, tandis que le Frankfurter Allgemeine Zeitung s’en tient au « syndrome d’épuisement professionnel ».

Des enquêteurs ont perquisitionné jeudi les deux domiciles d’Andreas Lubitz, à Düsseldorf et à Montabaur, emportant l’unité centrale d’un ordinateur, ainsi que deux grands sacs bleus et un carton visiblement pleins. Contrairement à ce que déclarent plusieurs médias, les enquêteurs n’ont pas fait de découverte significative, a fait savoir Susanna Heusgen, une porte-parole de la police de Düsseldorf. The Daily Telegraph affirmait dans la matinée que les policiers ont fait des découvertes « importantes ».

Un psychologue doit consulter vendredi les documents du LBA, affirme Bild. Des éléments qui seront ensuite récupérés par les autorités judiciaires allemandes et françaises.

http://www.lemonde.fr/