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Logement social, Philippe Pemezec, prise illégale d'intérêt, tous considérés comme des voyous

Il est « scandalisé » par cette « décision complètement démesurée », dont il va s’empresser de faire appel. Le maire (UMP) du Plessis-Robinson, Philippe Pemezec, a été condamné ce vendredi après-midi à Nanterre à une peine de six mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et trois ans d’inégibilité, pour « prise illégale d’intérêt ».
La justice reproche à l’élu d’avoir permis à sa fille d’investir un logement social avec terrasse, dans sa ville. Cette dernière, présente à l’énoncé du jugement, était quant à elle poursuivie pour recel de bien provenant de trafic d’influence. Elle a écopé de 2000 euros d’amende avec sursis. L’enquête avait été ouverte au parquet de Nanterre en 2012, après un signalement du groupe socialiste au conseil général des Hauts-de-Seine. Lors du procès, le maire du Plessis avait réaffirmé avec force qu’il ne comprenait pas pourquoi ses enfants n’auraient pas le droit au même traitement que les autres, et notamment l’accès au logement social de la ville.
« Que voulez-vous, nous sommes dans le 92, donc tous considérés comme des voyous » Philippe Pemezec
« Au vu de sa qualité de membre de la commission d’attribution des logements et maire du Plessis-Robinson, […] Philippe Pemezec a pris, reçu et conservé un intérêt indirect, soit l’attribution d’un logement social à sa fille, ce qui permettait à cette dernière de quitter le domicile familial à moindre coût, a expliqué ce vendredi la présidente de la 15e chambre du tribunal correctionnel, Isabelle Prévost-Desprez. Il avait aussi un intérêt direct, puisque cela lui évitait de payer un loyer dans le parc immobilier privé ». La magistrate relève aussi que « le fils de M. Pemezec a formulé lui aussi une demande de logement social au Plessis-Robinson ». S’adressant à la fille du maire : « Mme Pemezec, vous saviez, vous l’avez dit à l’audience, que votre père occupait des fonctions à l’office HLM des Hauts-de-Seine, et en particulier à la commission d’attribution des logements. Ce que le tribunal qualifie d’entêtement à vivre au Plessis-Robinson pouvait être satisfait par une dépense partagée par vos parents respectifs ». Evoquant des travaux menés dans l’appartement HLM par les parents du compagnon de la jeune femme, la présidente a pointé l’absence de « problèmes financiers ».
« J’irai jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme pour discrimination envers les enfants d’élus, fulmine Philippe Pemezec. Ma fille avait déposé un dossier depuis trois ans, elle remplissait tous les critères, et comme tout le monde, elle a fait la queue à l’office. Moi, je n’étais pas à la commission, je ne suis pas intervenu. J’ai essayé de l’expliquer aux juges, mais que voulez-vous, nous sommes dans le 92, donc tous considérés comme des voyous. Les juges ne m’empêcheront pas de faire de la politique. Ma légitimité vient des habitants », appuie celui qui a été largement réélu à la tête de sa ville l’an dernier.