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’aéroport de Bâle-Mulhouse-Fribourg, François Hollande, la formation professionnelle, La Suisse
Après que L’Agefi eût publié en novembre 2012 son tiré à part intitulé «Monsieur Hollande, faites-nous au moins l’honneur d’une visite, les Suisses aiment partager leurs expériences» (accessible sur notre site), un conseiller de l’ambassade à Berne nous fit remarquer qu’il faudrait un grand contrat d’Etat en cours de discussion, un projet crucial commun, quelque chose de concret et d’important pour justifier qu’un président de la République fasse une visite d’Etat en Suisse. Dix ou vingt petits sujets à évoquer ne suffisent pas. S’il devait donc n’y avoir qu’une raison pratique au déplacement d’hier et d’aujourd’hui, ce serait certainement l’aéroport de Bâle-Mulhouse-Fribourg. Il est même possible à probable que l’Allemagne ait joué un rôle dans ce voyage, dont on ne voit pas très bien à ce stade ce qu’il peut apporter par ailleurs à Hollande en termes d’image et de politique intérieure. Un échec français sur l’aéroport trinational en Alsace – pertes de substance économique et d’emplois en particulier – eût en revanche été très lourd à porter du côté de l’Elysée.
Central dans la pérégrination présidentielle, le thème de la formation professionnelle ne doit certainement pas être minimisé. Il n’est guère difficile toutefois de le relativiser . L’apprentissage en entreprise et les écoles professionnelles intermédiaires sont un thème déjà ancien en France. Le modèle qui s’impose depuis des décennies n’est toutefois pas directement la Suisse, mais l’Allemagne. N’a-t-on jamais vu un Etat – fût-ce la Suisse – s’inspirer d’un plus petit?
La France s’intéresse comme tout le monde, et depuis des décennies à la formation professionnelle de type germanique, mais elle n’est jamais parvenue – ni bien d’autres en Europe et ailleurs – à en faire quelque chose de significatif. Ce n’est guère étonnant. La mise en place d’un système d’apprentissage en emploi ne peut pas venir d’en haut. Quelle entreprise aurait envie de se le voir imposer? Ne dira-t-elle pas tout de suite qu’elle est en concurrence avec la terre entière, qu’elle ne peut pas détourner des ressources dans des formations longues?
La résistance vient surtout d’un système fiscal très progressif sur les personnes et bien trop pesant sur les entreprises. Les dirigeants d’entreprises ne voient pas pourquoi ils devraient faire de la formation professionnelle de base alors qu’une partie importante de la valeur ajoutée produite est détournée vers l’Etat, qui pense depuis longtemps pouvoir s’en occuper beaucoup mieux. C’est-à-dire de manière plus juste.