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par Louis-Joseph Delanglade

Pour l’instant, la sourde hostilité que l’on sent monter un peu partout dans les opinions publiques européennes, semble contenir les velléités des dirigeants politiques. Le bon sens le plus élémentaire commande en effet de ne plus accabler des pays déjà trop généreux mais dont la situation socio-économique est plus que préoccupante. On se propose donc, au plus haut niveau de l’Union européenne, de prendre des mesures de lutte contre le trafic humain, d’attaques ciblées de bateaux, de dissuasion des migrants et…de meilleur accueil des réfugiés. Mais, outre qu’il est contradictoire de continuer à rendre attractive une immigration dont on voudrait par ailleurs tarir la source, l’ensemble est assez irréaliste, dans la durée, pour une union de façade, sans armée et sans politique étrangère commune.
En fait, les pays qui se sentent – et qui sont – menacés sont ceux qui bordent la Méditerranée. Pour ceux-là, et donc pour la France, ce ne sont pas des décisions bruxelloises qui régleront le problème. Il conviendrait plutôt de conclure, au plus vite, des accords de défense d’une grande fermeté avec les Etats du pourtour méditerranéen, européens mais aussi non européens. En effet, les pays d’Afrique du Nord sont les premiers exposés à l’explosion du phénomène migratoire actuel. Pour la France, ce serait une belle opportunité de resserrer ses liens avec le Maroc et la Tunisie, et – pourquoi pas ? – de renouer enfin avec l’Algérie – sur la base d’un intérêt et d’un avenir communs évidents.
Il est vain de se poser la question des responsabilités. Le pouvoir politique n’a pas à s’assigner des objectifs moraux. Aider ? Peut-être, mais dans la mesure du raisonnablement possible et certainement pas au détriment de notre sécurité et, à terme, de notre existence même. « Vous ne ferez pas de l’Australie votre maison »: le message adressé par les autorités australiennes aux envahisseurs potentiels est clair, les résultats évidents. Certes, dans ce cas, la géographie facilite bien des choses. Il nous faudrait cependant faire preuve de la même volonté politique. On pourrait commencer par l’abolition du « protocole compassionnel » dénoncé par M. Camus dans Boulevard Voltaire : « Vous voulez en finir avec l’hécatombe en mer ? Traitez les flottes qui se présentent pour ce qu’elles sont : les instruments d’une invasion. » No way !