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Aurelie Abadie

La vice-présidente l’UMP Nathalie Kosciusko-Morizet propose soumettre futur nom parti vote militants débat prochain bureau politiqueLa vice-présidente de l’UMP Nathalie Kosciusko-Morizet propose de soumettre le futur nom du parti au vote des militants si le débat est vif au prochain bureau politique – AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE

Pour la vice-présidente de l’UMP, le changement de nom doit permettre de tourner une page noire de l’histoire du parti. Alain Juppé et Gérard Larcher appellent à un vote en interne.

Tourner la page. Duel mortifère entre Jean-François Copé et François Fillon en 2012, guerre des clans, affaires en tout genre…: en changeant de nom au cours du prochain congrès fondateur, l’UMP espère faire peau neuve. « Cela vient couronner tout un processus de transformation », explique la numéro deux Nathalie Kosciusko-Morizet dans un entretien mercredi au « Figaro ». « Comment tout refonder, si c’est pour garder l’ancien nom ? Un nom associé pendant plus de deux ans à un parti qui n’a pas été à la hauteur des Français et de ses militants », poursuit-elle.

Un sigle qui a perdu également de son sens. A l’origine, l’Union pour une Majorité Présidentielle avait été créée en 2002 pour opérer la fusion entre le RPR, le parti Démocratie Libérale d’Alain Madelin et une partie de l’UDF. « Il est temps de signaler que nous ne sommes qu’une seule famille », souligne NKM.

L’UMP, une « expression datée »

Et d’en finir, une bonne fois pour toutes, avec le slogan « UMPS » cher à Marine Le Pen, avance encore Laurent Wauquiez. En abandonnant l’acronyme UMP – « une expression datée » juge NKM – la formation de droite cherche également à s’ancrer dans la tradition gaulliste. « Ce mot est ancré dans notre histoire. Les noms des partis gaullistes ont à chaque fois fait référence à la République », rappelle NKM.

Une façon aussi de se placer au-dessus de la mêlée à l’heure où les partis sont de plus en plus décriés par l’opinion et où le clivage traditionnel entre la gauche et la droite a perdu de son sens pour une grande partie de l’électorat.

Mais comment rassembler alors que la future appellation est déjà contestée ? Par la gauche, d’abord, qui y voit une tentative de s’approprier « un bien commun ». «  Se nommer soi-même c’est n’agresser personne. Nous ne privatisons pas la République, nous ne l’accaparons pas : nous nous en réclamons », se défend NKM.

 Pas de consensus à droite

Mais le nom « Les Républicains », réaffirmé par Nicolas Sarkozy en meeting à Nice la semaine dernière, est loin de faire l’unanimité dans les rangs de la droite. « Trop américain », « trop consensuel » : selon un récent sondage Odoxa, 56% des sympathisants du parti préfèrent le nom « UMP ». Plusieurs dirigeants du parti, dans le camp Juppé notamment, ont également ouvertement critiqué ce choix.

Bien que déjà approuvée par le comité des anciens Premiers ministres, confiait récemment une source proche de l’UMP aux « Echos », la future appellation doit être discutée en bureau politique le 5 mai. Nathalie Kosciusko-Morizet n’exclut pas un vote des militants « si la question est très débattue ».

La voix des militants

« Chaque changement suscite des interrogations. Les militants, que j’ai beaucoup consultés pour réécrire les statuts, souhaitent plutôt un changement de nom », explique la vice-présidente du parti. « Mais la cohérence de nos nouveaux statuts, c’est la voix donnée aux militants. Donc si le débat est vif, pourquoi ne pas leur demander de trancher? », ajoute-t-elle.

Le maire de Bordeaux Alain Juppé, candidat à la primaire pour 2016, plaide, lui, pour consulter les militants. «  Je n’en fais pas une querelle. Je conçois qu’on puisse vouloir renouveler le nom à un moment où le parti prend un nouvel élan, bien entendu », a-t-il expliqué lundi à des journalistes. « Mais je crois que la meilleure solution c’est de demander l’avis des militantes et des militants comme cela avait été fait au moment de la fondation de l’UMP en 2002 », a-t-il ajouté.

Un avis partagé par le président du Sénat Gérard Larcher. « Je suis favorable à ce qu’il y ait un vote des militants pour choisir le nom du mouvement politique », a déclaré lundi Gérard Larcher dans l’émission « Tous politiques » sur « France Inter », « France 3 » et « Le Parisien ». «  À partir du moment où on veut entrer dans une plus grande démocratisation, et je soutiens la démarche de Nicolas Sarkozy dans cette dimension-là, eh bien, je crois que le vote est utile », a-t-il justifié.

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