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Le 29 avril 1624, le roi Louis XIII (23 ans) appelle à ses côtés le cardinal duc de Richelieu, Armand Jean du Plessis (39 ans). Malgré ou à cause de leurs différences de tempérament, les deux hommes vont ensemble faire de la France encore féodale et brouillonne un État centralisé et fort.

Habile négociateur

Né le 5 septembre 1585, Armand Jean du Plessis, fils d’un capitaine des gardes d’Henri IV, entre dans les ordres et devient évêque du modeste évêché de Luçon. Bien qu’il eut préféré une carrière militaire, il va toute sa vie manifester une piété forte et sincère.

Il se fait remarquer aux états généraux de 1614 par la régente Marie de Médicis, mère de Louis XIII. Habile, il rentre dans ses bonnes grâces en la réconciliant avec son fils. Cet exploit est récompensé par la barrette de cardinal le 12 décembre 1622.

Au Conseil d’en haut (aussi appelé « Conseil ordinaire » ou «Conseil des affaires», le cardinal se fait remarquer du roi par son talent et son dévouement. Il prend l’habitude de s’entretenir en tête-à-tête avec lui avant chaque Conseil de façon à faciliter ses interventions.

Le 13 août 1624, Louis XIII offre à Richelieu la direction du Conseil d’en haut. À ce poste de « principal ministre » ou Premier ministre, le cardinal va dès lors révéler jusqu’à sa mort son génie politique. Il en est récompensé dès 1629 par les titres de duc et pair.

Le cardinal de Richelieu (Philippe de Champaigne, Musée du Louvre)

Un homme d’État moderne

Travailleur infatigable, ne dormant guère plus de quatre heures par nuit, Richelieu va se dévouer jusqu’à sa mort au service de l’État.

Dans un premier temps, il met au pas la noblesse, prompte aux duels et aux complots. Il est habile aussi à s’attacher les hommes de talent, nombreux dans la France de cette époque. Ainsi constitue-t-il l’Académie française.

Visionnaire, il encourage les expéditions lointaines. Conscient de l’importance à venir du commerce maritime, il encourage la construction de navires inspirés des Hollandais, précurseurs en ce domaine.

Déterminé, Richelieu combat avec efficacité les protestants de l’intérieur et leurs alliés anglais. Après le siège de La Rochelle et l’Édit d’Alès, il ne reste plus grand-chose de l’ancienne grandeur des protestants français. Mais il n’hésite pas à s’allier aux protestants allemands pour diviser l’Allemagne et abaisser la maison catholique des Habsbourg qui, d’un côté, gouverne l’Espagne et, de l’autre, les États autrichiens.

Il réprime avec dureté les révoltes paysannes, comme la révolte des Croquants, qui se multiplient à la fin du règne pour cause de misère et de guerre.

Victorieux de toutes les cabales grâce au soutien constant du roi Louis XIII, Richelieu apparaît comme le premier homme d’État moderne, soucieux de l’intérêt national envers et contre tout.

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