Snobé par les Occidentaux qui lui reprochent son soutien aux séparatistes prorusses en Ukraine, Vladimir Poutine a loué la « contribution » des Alliés dans la victoire en 1945 contre l’Allemagne nazie lors des célébrations en grande pompe samedi sur la place Rouge.
Poutine remercie les Occidentaux

Le président Vladimir Poutine a remercié la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis pour leur contribution à la lutte contre les nazis.
« Je remercie les peuples de Grande-Bretagne, de France et des États-Unis pour leur participation à la victoire. Je remercie les différents pays antifascistes qui ont pris part aux combats contre les nazis dans les rangs de la résistance et dans la clandestinité », a déclaré le président russe, avant une minute de silence en mémoire des victimes de la guerre, une première dans l’histoire des cérémonies du 9 mai en Russie.
« Il faut rappeler que c’est l’Armée rouge qui, au terme d’un assaut dévastateur sur Berlin, a mis un point final à la guerre contre l’Allemagne hitlérienne », a souligné Vladimir Poutine devant les 16.000 soldats rassemblés sur la place Rouge. « L’Union soviétique a pris part aux batailles les plus sanglantes. Ici, les nazis ont concentré leur puissance militaire », a-t-il ajouté.

Le président russe a ensuite appelé à ne pas oublier le « patrimoine commun » des vainqueurs : « la confiance et l’unité », des « valeurs qui ont été le fondement de l’ordre mondial après-guerre ». Des institutions comme l’Organisation des Nations unies, créées après la Seconde guerre mondiale, ont « été efficaces pour résoudre les différends et les conflits », a-t-il rappelé en regrettant que « ces dernières décennies, les principes de coopération internationale ont été négligés » aux dépens de « tentatives de création d’un monde unipolaire (qui) portent atteinte au développement de la planète ».
Boycott des dirigeants occidentaux
Le président russe s’exprimait en présence d’une vingtaine de leaders mondiaux mais en l’absence des dirigeants occidentaux, qui ont boycotté la cérémonie sur fond de tensions liées à la crise ukrainienne. Cette crise a ramené les relations entre la Russie et l’Ouest à leur niveau le plus bas depuis la Guerre froide.
Vladimir Putine. © AFP
« Soixante-dix ans plus tard, l’histoire nous appelle à être à nouveau vigilants », a ensuite déclaré Vladimir Poutine, rappelant que les croyances en « une supériorité raciale avaient entraîné une guerre sanglante » et qu’il ne fallait pas commettre les mêmes erreurs.
Défilé de 16.000 soldats
La parade militaire a commencé immédiatement après le discours du président Poutine. Plus de 1.300 soldats étrangers ont ouvert le défilé, notamment des contingents arméniens, azerbaïdjanais, indiens, chinois, serbes et mongols.

Plus de 16.000 soldats, 194 unités blindées et 143 avions et hélicoptères ont participé à cette parade à l’ampleur inédite que le Kremlin voit comme l’occasion d’affirmer la montée en puissance de l’armée russe.
Cette parade a permis de dévoiler ses dernières innovations en matière d’armes, notamment le char Armata T-14, star du défilé et premier char développé par la Russie depuis la fin de l’URSS.
Plus qu’une simple parade
Pour le Kremlin, c’est bien plus qu’une simple parade militaire. Le défilé du 9 mai, sur la place Rouge, doit aussi être l’occasion d’affirmer la montée en puissance de l’armée russe, en dévoilant notamment ses toutes dernières innovations militaires. Certains des véhicules qui défileront « représentent le plus grand changement en matière de véhicules blindés russes depuis les années 1960-70 », selon le magazine spécialisé Jane’s Defence Weekly.
© Reuters
Après la parade militaire, plus de 160.000 personnes sont attendues dans le centre de Moscou pour un gigantesque cortège où les Moscovites brandiront des portraits de leurs pères ou grands-pères vétérans de guerre. Dans la soirée, des concerts sont prévus avant un feu d’artifice tiré depuis une dizaine d’endroits de la capitale russe.

Des commémorations se déroulent aussi dans une vingtaine de villes russes, de Kaliningrad, l’enclave russe en Europe, à Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe.
Depuis plusieurs jours, Moscou et les grandes villes de Russie vivent à l’heure de la « Grande Guerre Patriotique », comme les Russes appellent la Seconde Guerre mondiale depuis l’époque soviétique.
Les photos

Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping. © Reuters

L’acteur Steven Seagal. © Reuters





