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Partisans et opposants à la réforme du collège se déchirent ce lundi encore, à la veille de la grève des professeurs. Lancée par l’UMP Luc Chatel, l’idée de «deux conceptions de l’école qui s’affrontent» est également partagée par le Premier ministre, Manuel Valls. Pour l’occasion, l’ancien ministre Vincent Peillon est sorti de son silence.

L'ancien ministre de l'Education de Nicolas Sarkozy, Luc Chatel, prévient ce lundi que la réforme du collège sera abrogée si l'UMP repasse à la prochaine présidentielle.
L’ancien ministre de l’Education de Nicolas Sarkozy, Luc Chatel, prévient ce lundi que la réforme du collège sera abrogée si l’UMP repasse à la prochaine présidentielle.

A la veille de la grève des professeurs, l’opposition en remet une couche ce lundi sur la réforme du collège. L’ancien ministre de l’Education de Nicolas Sarkozy, Luc Chatel, prévient même qu’elle sera abrogée si l’UMP repasse à la prochaine présidentielle.

Selon lui, «l’égalitarisme» et le souhait d’«uniformisation» du gouvernement mènera les élèves français à la médiocrité plutôt qu’à l’excellence. Même discours du côté de Bruno Le Maire, initiateur début mai d’une pétition contre la réforme. Selon le député UMP, l’opération «Sauvons le soldat Najat Vallaud-Belkacem est lancée» et brouille le débat sur les mesures prévues pour la rentrée 2016. Après un an de silence médiatique, l’ancien ministre socialiste Vincent Peillon a, lui, rappelé que «cette réforme était demandée par la gauche et la droite depuis des années».

Par ailleurs, selon un nouveau sondage Odoxa, six Français sur dix approuvent le mouvement des professeurs prévu mardi. C’est même plus de 70% du côté des sympathisants. Les représentants du premier parti d’opposition l’ont bien compris. La charge contre la réforme du collège se distille ainsi dans les différentes matinales radio.

«Pourquoi pas tout le monde à Polytechnique ?»

Invité d’Europe 1, Luc Chatel s’est attaché à montrer les différences de «vision» de l’UMP et du gouvernement socialiste : «Nous avons une vraie différence de vision entre ce que nous propose le gouvernement et notre philosophie de l’éducation. D’un côté, il y a une vision que nous défendons, qui est celle de l’excellence et du mérite. De l’autre, il y a une vision qui est celle de l’égalitarisme et de l’uniformisation.»

Au nom de l’égalité des chances, la ministre Najat Vallaud-Belkacem souhaite en effet supprimer les options de latin et de grec, «organisées pour favoriser les élèves dont les parents ont les codes», ainsi que les classes bilangues et européennes. Pour compenser, tous les élèves auront accès à l’apprentissage d’une deuxième langue dès la 5e. «Ce gouvernement aime faire tout pareil pour tout le monde», s’est encore emporté Luc Chatel. «Ce gouvernement veut faire de l’égalitarisme. Surtout, qu’il n’y ait pas une tête qui dépasse. On veut envoyer tout le monde à l’excellence. Pourquoi pas tout le monde à Polytechnique ? Mais avec ça, on n’enverra personne !»

VIDEO. Chatel : «Nous abrogerons cette réforme»

Comme Luc Chatel, Bruno Le Maire a expliqué sur RTL que l’UMP ne se joindrait pas à la manifestation des professeurs, expliquant que sa place était à l’Assemblée. Le député a dit souhaiter «la fin d’une école de tri pour aller vers une école de choix», «remplacer le collège unique par un collège diversifié». Et d’ironiser sur la réponse du gouvernement et les multiples interventions de Manuel Valls : «L’opération « Sauvons le soldat Najat Vallaud-Belkacem est lancée! »»

VIDEO. Bruno Le Maire : «L’opération « Sauvons le soldat Vallaud-Belkacem » est lancée»


«Deux conceptions qui s’affrontent» ?

Et une fois de plus ce lundi, Manuel Valls est venu à la rescousse, admettant sur France Culture qu’il était «difficile de réformer l’école» parce qu’«elle est au coeur de la construction républicaine, parce que depuis que Jules Ferry a construit l’école de la République, chaque fois qu’on parle de l’école, il y a des débats.» Puis le Premier ministre de confirmer : «Et peut-être aussi parce que derrière cela, il y a deux conceptions qui s’affrontent, entre l’idée d’une école pour tous et une école seulement pour certains», a-t-il estimé en faisant donc référence aux propos de l’opposition.

«Il y a là une autre conception d’une école, qui elle est inégalitaire, qui ne donne pas les chances pour tous. Nous voulons, nous, élever le débat, nous voulons élever le niveau pour tous les élèves», a ajouté Manuel Valls.

«Au début, Chatel disait que ça allait dans le bon sens»

Face au déferlement de critiques qui agite la classe politique depuis plus de deux semaines, l’ancien ministre socialiste de l’Education, Vincent Peillon, est sorti de son silence. «Cette réforme est une chance, une nécessité. Si elle ne se fait pas, le pays aura d’énormes difficultés», a-t-il prévenu sur RTL. Et de rappeler : «Elle est demandée à gauche et à droite depuis des années. J’avais entendu Luc Chatel au début dire « ça va dans la bonne direction ». Tous, ils n’assument plus !» Pourtant, a-t-il insisté, «nous l’avons préparée depuis de nombreuses années. Nos résultats ne cessent de baisser, pour les élèves de l’élite aussi d’ailleurs !»

Tour à tour, l’ancien ministre socialiste balaie les polémiques : la suppression de l’allemand ? «On triple les postes d’allemand et c’est pour quoi ? moins d’allemand ? pour aller faire garder les vaches ?» a-t-il ironisé. Najat Vallaud-Belkacem ? «J’entends la confusion totale entre réforme des programmes et réforme du collège, j’entends que le ministre ferait le programme… Il y a une instance indépendante !» a-t-il encore assuré, «en tant que vieux professeur».

VIDEO. Peillon : «La réforme est demandée à gauche et à droite depuis des années»

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