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débat sur le voile islamique agite notre société multiculturelle. Mais la signification de l’étoffe recouvrant le corps, bien au-delà des religions, est ancienne et complexe. A travers l’Europe et le Moyen-Orient, il était et demeure parfois profane, social, symbolique, religieux, esthétique ou politique. Des universitaires se sont réunis il y a deux ans à l’Université de Genève pour mettre en lumière les différents visages du voile. Le fruit de leurs réflexions ont été compilées dans un ouvrage collectif «Voile, corps et pudeur», publié ce mois-ci. Les auteurs se sont penchés sur l’histoire du voile, sous toutes ses formes, avec le regard de l’anthropologue. A travers un voyage à la fois dans le temps et dans le bassin méditerranéen qui a vu naître les trois religions monothéistes, le voile et ses significations ont été contextualisés. Nous proposons ici un parcours en images sur la typologie des voiles.
Images en partie tirées du catalogue de l’exposition «Voile et dévoilement – Le voile dans tous ses états» avec l’autorisation de la commissaire Elisabeth Reichen.
- 1. Les premières mentions et représentations du voile datent de l’Antiquité, bien avant les religions monothéistes. Il y a plusieurs milliers d’années, le voile était un accessoire de tradition culturelle et symbolique, propre à chaque culture. Il était associé à une marque sociale de respectabilité ou de sacré. La plus ancienne référence au voile a été identifiée en Mésopotamie (pour grande part dans l’actuel Irak). La première loi connue à ce sujet est assyrienne, éditée par le roi Téglath Thalazar 1er (1150-1077 avant JC). Femmes assyriennes mariées ou veuves devaient porter le voile, contrairement aux femmes célibataires et aux esclaves. Le spectacle des cheveux, attributs de séduction, étaient réservés à la vue de l’époux. Un usage maintenu jusqu’au XXe siècle en Europe. [Femme sculptée en ivoire, Syrie du Nord, IX-VIII s. av JC. Crédits: Eva- Mutter alles Lebendigen Benni Mosimann Bibel+ Orient Museum, Fribourg]
- 2. Les déesses de l’Antiquité étaient parfois représentées voilées. Le voile indiquait l’indépendance et l’inaccessibilité du sacré tout en confirmant le caractère sexué de ces déesses. Parmi elle, Isis, déesse égyptienne protectrice, personnification du trône et symbole de la Lune. Sur un monument qui lui est consacré, il est mention du voile qui la recouvre. le retrait de ce voile représentait l’accès à la vérité, au savoir et à l’immortalité. [Isis allaitante, Egypte 1069-656 av JC. Crédits: Eternel féminin Benni Mosimann Bibel+ Orient Museum, Fribourg]
- 3. Dans la Grèce antique, le voile est un attribut des femmes mariées de la classe supérieure dans la société. Une déesse aussi a été représentée voilée: Artémis d’Ephèse, issue de la tradition archaïque des déesses orientales. [Artemis Ephesia, hellénique tardif environ 100 av JC. Crédits: Werbung für die Götter Benni Mosimann Bibel+ Orient Museum, Fribourg]
- 4. Le voile a été pendant longtemps une marque de classe sociale. Les femmes aisées au Moyen-Age et à la Renaissance se couvraient la tête. [Porträt einer Dame 2. Drittel 15. Jh (Rogier van der Weyden (1399/1400-1464)]
- 5. Dans ses lettres aux Corinthiens, Saint Paul de Tarse est le premier à lier théologie et coutumes ancestrales. Il exhorte les femmes chrétiennes mariées à porter le voile, se séparant alors des prostituées et des esclaves. Selon les experts, il s’agirait du premier texte issu des religions monothéistes qui lie le voile, les femmes et leur rapport avec Dieu. Le concept de dévoilement joue par ailleurs un rôle important dans la chrétienté, où la parole de Dieu est livrée au croyant en levant le voile sur la vérité du Christ. Au contraire, le judaïsme entoure Dieu d’un voile qui le rend non-personnifiable; il ne peut donc être ni nommé ni représenté. Dans les religions juive et islamique, le voile du croyant sert à dévoiler le divin en eux. C’est une différence notable avec les croyances polythéistes reposant sur l’inaccessibilité du sacré. [Descente de la croix, Roger van der Weyden, 1436 Musée del Prado, Madrid]
- 6. Le voile de la religieuse symbolise son union avec Dieu lors de noces mystiques. La prise de voile marque l’entrée des religieuses dans le Clergé. Deux types de voiles existent selon les communautés: soit un voile long fixé sur une cagoule en toile blanche fine appelée « guimpe » qui ne laisse apparaître que le visage, soit un voile en pointe constitué d’un triangle de tissu et adopté depuis les années 1960. [Sœur cistercienne, Norvège. Crédits: Elisabeth Reichen-Amsler, 2012)]
- 7. Femmes chrétiennes voilées à Romont (Canton de Fribourg, Suisse) lors du Vendredi Saint. [Crédits: Pierre-William Henry, 2007]
- 8. Pour l’Eglise catholique, voiler sa chevelure est apparu très tôt comme un signe de dévotion et un engagement à la virginité. [Violaine, confirmation, Canton de Neuchâtel 1960, Photographe privé 1911]
- 9. Le voile initiatique qui enveloppe la tête de la fiancée revêt un sens spirituel et symbolique. Dans le Cantique des Cantiques de la Bible hébraïque, la fiancée voilée est « dévoilée » dans la chambre nuptiale. Le voile est une métaphore de l’hymen invisible de la jeune fille vierge. En hébreux, le mot pour fiancée signifie « la voilée ». Ce rituel vestimentaire observé dans l’usage chrétien a été conservé provient d’une coutume lors des mariages de la Rome antique. [Saint Éloi et les fiancés, Petrus Christus, 1449, MOMA, New York]
- 10. Depuis la Rome antique, le symbole du voile est étroitement lié au mariage. Le verbe latin « nubere » signifie « se marier » et « voiler ». « Nuptiae » qui veut dire « mariage » a donné en français le terme « noces ». Les mariées romaines portaient un voile de couleur rouge-orange appelé « flammeum ». [Mariage Johanna und Max, Photographe privé 1909]
- 11. Cette gravure de l’artiste hollandais Erhard Reuwich est tirée d’un incunable de 1486 relatant le pèlerinage en Terre Sainte de Bernhard von Breydenbach. L’habit traditionnel des Sarrasins à l’époque médiévale est représenté, notamment le voile intégrale porté par les femme de la communauté musulmane. La coutume semble préexistante à l’émergence de l’Islam. L’écrivain carthaginois Tertullien (IIIe et IVe siècle), de langue latine et converti au christianisme, mentionnait déjà des femmes arabes « ne montrant qu’un œil ». [Peregrinatio in terram sanctam, Erhard Reuwich in Bernhard von Breydenbach, 1486 (rainbowfish)]
- 12. Le voile dans l’islam résulterait de l’association entre des prescriptions coraniques et des coutumes patriarcales. Ces dernières ont précédé la naissance de l’islam comme en témoignent des gravures et des documents anciens. Le terme « hijab » (le « rideau », la « séparation ») est mentionné à plusieurs reprises dans les sourates du Coran dont certains passages articulent le concept d’égalité entre les sexes. Le mot « hijab » apparaît sept fois dans le Coran et un seul verset l’applique aux femmes, celles du Prophète. [Réunion de femmes palestiniennes. Crédits: Pierre-William Henry, 2012]
- 13. La variété des voiles islamiques dépend essentiellement de l’origine géographique. Le hijab (terme mentionné dans le Coran signifiant « rideau » ou « séparation ») caractérise un foulard dissimulant la tête et le cou et laissant le visage découvert. Le voile porté en Iran s’appelle tchador et recouvre le corps de la tête aux pieds. Sa variante portée en Afghanistan est le chadri. Dans ce pays uniquement, des femmes portent la burqa, un voile intégral qui recouvre tout le corps, même le visage, avec un grillage devant les yeux. Enfin, le niqab porté essentiellement en Arabie Saoudite est aussi un voile intégrale couvrant le corps et le visage à l’exception des yeux. [Le niqab en Palestine. Crédits: Pierre-William Henry, 2012]
- 14. Les premières mentions du voile masculin couvrant la bouche (et parfois le visage) date du VIe siècle. L’étoffe des Touaregs est rapporté dans l’Ouest du Maghreb dès le Xe siècle. Porté dès l’enfance, il cache la bouche, partie du corps qui serait aussi honteuse que les organes sexuels à cause de l’odeur qui en émane. Les mythes expliquant l’origine du voile des touaregs sont d’origine bibliques. Il existe d’autres voiles masculins comme par exemple le turban, couvre-chef d’origine asiatique et composé d’une écharpe qui entoure la tête. Il se décline sous diverses formes selon la région géographique et la culture. Il a une valeur spirituel importante. Dans le Golfe persique, il a été remplacé par le keffieh qui est devenu pour les Palestiniens un symbole politique d’opposition. [Bilal Ag Cherif, secrétaire général malien du Mouvement national pour la libération d’Azawad. Crédits: AFP Photo/Farouk Batiche]
- 15. La mode des années 1950 s’est appropriée le foulard couvrant la chevelure féminine. Devenu accessoire de séduction, des femmes célèbres comme l’actrice Brigitte Bardot ou Audrey Hepburn ont été photographiées avec ce voile. [Brigitte Bardot. DR]
- 16. La voilette noire cachant le visage de la veuve éplorée découle d’une coutume ancienne, déjà relevée au Moyen-Age, qui consistait à se cacher le visage pour ne pas montrer ses émotions. De là viendrait l’expression « se voiler la face » signifiant de pas voir son propre émoi. La haute-couture a repris cet usage à son compte. Des voilettes noires ont cachés les visages de modèles lors des défilés Printemps-Eté 2015 des créateurs Chanel et Giambattista Valli.
![Les premières mentions et représentations du voile datent de l’Antiquité, bien avant les religions monothéistes. Il y a plusieurs milliers d’années, le voile était un accessoire de tradition culturelle et symbolique, propre à chaque culture. Il était associé à une marque sociale de respectabilité ou de sacré. La plus ancienne référence au voile a été identifiée en Mésopotamie (pour grande part dans l’actuel Irak). La première loi connue à ce sujet est assyrienne, éditée par le roi Téglath Thalazar 1er (1150-1077 avant JC). Femmes assyriennes mariées ou veuves devaient porter le voile, contrairement aux femmes célibataires et aux esclaves. Le spectacle des cheveux, attributs de séduction, étaient réservés à la vue de l’époux. Un usage maintenu jusqu’au XXe siècle en Europe. [Femme sculptée en ivoire, Syrie du Nord, IX-VIII s. av JC. Crédits: Eva- Mutter alles Lebendigen Benni Mosimann Bibel+ Orient Museum, Fribourg]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/femmesyrienne.jpg)
![Les déesses de l’Antiquité étaient parfois représentées voilées. Le voile indiquait l’indépendance et l’inaccessibilité du sacré tout en confirmant le caractère sexué de ces déesses. Parmi elle, Isis, déesse égyptienne protectrice, personnification du trône et symbole de la Lune. Sur un monument qui lui est consacré, il est mention du voile qui la recouvre. le retrait de ce voile représentait l’accès à la vérité, au savoir et à l’immortalité. [Isis allaitante, Egypte 1069-656 av JC. Crédits: Eternel féminin Benni Mosimann Bibel+ Orient Museum, Fribourg]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/Isis.jpg)
![Dans la Grèce antique, le voile est un attribut des femmes mariées de la classe supérieure dans la société. Une déesse aussi a été représentée voilée: Artémis d’Ephèse, issue de la tradition archaïque des déesses orientales. [Artemis Ephesia, hellénique tardif environ 100 av JC. Crédits: Werbung für die Götter Benni Mosimann Bibel+ Orient Museum, Fribourg]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/Artemis.jpg)
![Le voile a été pendant longtemps une marque de classe sociale. Les femmes aisées au Moyen-Age et à la Renaissance se couvraient la tête. [Porträt einer Dame 2. Drittel 15. Jh (Rogier van der Weyden (1399/1400-1464)]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/Rogier_van_der_Weyden_028.jpg)
![Dans ses lettres aux Corinthiens, Saint Paul de Tarse est le premier à lier théologie et coutumes ancestrales. Il exhorte les femmes chrétiennes mariées à porter le voile, se séparant alors des prostituées et des esclaves. Selon les experts, il s'agirait du premier texte issu des religions monothéistes qui lie le voile, les femmes et leur rapport avec Dieu.<br />
Le concept de dévoilement joue par ailleurs un rôle important dans la chrétienté, où la parole de Dieu est livrée au croyant en levant le voile sur la vérité du Christ. Au contraire, le judaïsme entoure Dieu d’un voile qui le rend non-personnifiable; il ne peut donc être ni nommé ni représenté. Dans les religions juive et islamique, le voile du croyant sert à dévoiler le divin en eux. C’est une différence notable avec les croyances polythéistes reposant sur l’inaccessibilité du sacré. [Descente de la croix, Roger van der Weyden, 1436 Musée del Prado, Madrid]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/Weyden-descendimiento-prado-Ca-1435.jpg)
![Le voile de la religieuse symbolise son union avec Dieu lors de noces mystiques. La prise de voile marque l'entrée des religieuses dans le Clergé. Deux types de voiles existent selon les communautés: soit un voile long fixé sur une cagoule en toile blanche fine appelée "guimpe" qui ne laisse apparaître que le visage, soit un voile en pointe constitué d'un triangle de tissu et adopté depuis les années 1960. [Sœur cistercienne, Norvège. Crédits: Elisabeth Reichen-Amsler, 2012)]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/ReligieuseNorve%C2%A6%C3%87ge.jpg)
![Femmes chrétiennes voilées à Romont (Canton de Fribourg, Suisse) lors du Vendredi Saint. [Crédits: Pierre-William Henry, 2007]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/Procession-chre%C2%A6%C3%BCtienne.jpg)
![Pour l’Eglise catholique, voiler sa chevelure est apparu très tôt comme un signe de dévotion et un engagement à la virginité. [Violaine, confirmation, Canton de Neuchâtel 1960, Photographe privé 1911]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/Volaine-confirmation.jpg)
![Le voile initiatique qui enveloppe la tête de la fiancée revêt un sens spirituel et symbolique. Dans le Cantique des Cantiques de la Bible hébraïque, la fiancée voilée est "dévoilée" dans la chambre nuptiale. Le voile est une métaphore de l'hymen invisible de la jeune fille vierge. En hébreux, le mot pour fiancée signifie "la voilée". Ce rituel vestimentaire observé dans l'usage chrétien a été conservé provient d'une coutume lors des mariages de la Rome antique. [Saint Éloi et les fiancés, Petrus Christus, 1449, MOMA, New York]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/Petrus_Christus_finace%C2%A6%C3%BCe.jpg)
![Depuis la Rome antique, le symbole du voile est étroitement lié au mariage. Le verbe latin "nubere" signifie "se marier" et "voiler". "Nuptiae" qui veut dire "mariage" a donné en français le terme "noces". Les mariées romaines portaient un voile de couleur rouge-orange appelé "flammeum". [Mariage Johanna und Max, Photographe privé 1909]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/Mariage-Johanna-et-Max.jpg)
![Cette gravure de l'artiste hollandais Erhard Reuwich est tirée d'un incunable de 1486 relatant le pèlerinage en Terre Sainte de Bernhard von Breydenbach. L'habit traditionnel des Sarrasins à l'époque médiévale est représenté, notamment le voile intégrale porté par les femme de la communauté musulmane. La coutume semble préexistante à l'émergence de l'Islam. L'écrivain carthaginois Tertullien (IIIe et IVe siècle), de langue latine et converti au christianisme, mentionnait déjà des femmes arabes "ne montrant qu'un œil". [Peregrinatio in terram sanctam, Erhard Reuwich in Bernhard von Breydenbach, 1486 (rainbowfish)]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/Erhard_Reuwich_Sarazenen_1486.jpg)
![Le voile dans l'islam résulterait de l'association entre des prescriptions coraniques et des coutumes patriarcales. Ces dernières ont précédé la naissance de l'islam comme en témoignent des gravures et des documents anciens. Le terme "hijab" (le "rideau", la "séparation") est mentionné à plusieurs reprises dans les sourates du Coran dont certains passages articulent le concept d'égalité entre les sexes. Le mot "hijab" apparaît sept fois dans le Coran et un seul verset l'applique aux femmes, celles du Prophète. [Réunion de femmes palestiniennes. Crédits: Pierre-William Henry, 2012]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/FemmesPalestine.jpg)
![La variété des voiles islamiques dépend essentiellement de l'origine géographique. Le hijab (terme mentionné dans le Coran signifiant "rideau" ou "séparation") caractérise un foulard dissimulant la tête et le cou et laissant le visage découvert. Le voile porté en Iran s'appelle tchador et recouvre le corps de la tête aux pieds. Sa variante portée en Afghanistan est le chadri. Dans ce pays uniquement, des femmes portent la burqa, un voile intégral qui recouvre tout le corps, même le visage, avec un grillage devant les yeux. Enfin, le niqab porté essentiellement en Arabie Saoudite est aussi un voile intégrale couvrant le corps et le visage à l'exception des yeux. [Le niqab en Palestine. Crédits: Pierre-William Henry, 2012]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/Niqab.jpg)
![Les premières mentions du voile masculin couvrant la bouche (et parfois le visage) date du VIe siècle. L'étoffe des Touaregs est rapporté dans l'Ouest du Maghreb dès le Xe siècle. Porté dès l'enfance, il cache la bouche, partie du corps qui serait aussi honteuse que les organes sexuels à cause de l'odeur qui en émane. Les mythes expliquant l'origine du voile des touaregs sont d'origine bibliques. Il existe d'autres voiles masculins comme par exemple le turban, couvre-chef d'origine asiatique et composé d'une écharpe qui entoure la tête. Il se décline sous diverses formes selon la région géographique et la culture. Il a une valeur spirituel importante. Dans le Golfe persique, il a été remplacé par le keffieh qui est devenu pour les Palestiniens un symbole politique d'opposition. [Bilal Ag Cherif, secrétaire général malien du Mouvement national pour la libération d'Azawad. Crédits: AFP Photo/Farouk Batiche]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/touareg.jpg)
![La mode des années 1950 s'est appropriée le foulard couvrant la chevelure féminine. Devenu accessoire de séduction, des femmes célèbres comme l'actrice Brigitte Bardot ou Audrey Hepburn ont été photographiées avec ce voile. [Brigitte Bardot. DR]](https://i0.wp.com/blogs.letemps.ch/oeilduviseur/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/bardot.jpg)
