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cancérogène probable, Monsato, OMS, Roundup, une interdiction
Hier, avait lieu une marche mondiale contre Monsanto, à Paris et dans d’autres villes. L’occasion de faire un point sur une situation préoccupante, où, alors que l’OMS a classé l’actif du Roundup comme cancérogène probable, peu après, l’UE a autorisé 11 nouveaux OGM de Monsanto…
L’histoire effarante de Monsanto
Monsanto, c’est un peu comme le chef des dealers après la dépénalisation des drogues. Ses produits sont hautement addictifs puisqu’il vend un herbicide (le Roundup) auquel résistent certaines de ses semences OGM, programmées pour ne pas donner de semences ensuite, imposant par conséquent de racheter année après année ses semences. Outre la privatisation du vivant, on rentre dans un système totalement fermé, et très profitable, puisque son chiffre d’affaire est passé de 5 à 16 milliards de dollars depuis 2003, et son résultat de 0,1 à 2,7 milliards. Le niveau de marge en dit long sur le modèle d’affaire de l’entreprise, et il est effarant que Monsanto espère aujourd’hui racheter Syngenta.
Outre cette position de prédateur capitaliste, qui devrait interroger aussi les vrais libéraux qui défendent un minimum de compétition, l’autre problème posé par Monsanto, ce sont les nombreux scandales sanitaires qui l’ont éclaboussé, comme le rapportait Le Monde dans un papier effarant il y a trois ans. Le professeur Séralini avait déclenché une énorme polémique en pointant le danger du Roundup. Il trouve ses travaux confirmés par l’avis de l’agence de l’Organisation Mondiale de la Santé le 20 mars qui a classé le Roundup comme « cancérogène probable ». Quand on pense que Monsanto faisait la publicité de ce désherbant en disant qu’il ne posait aucun problème pour l’os du chien !
Pour une interdiction complète
Avec l’avis rendu par l’OMS, bien trop discrètement, se pose la question d’une interdiction pure et complète du Roundup, d’autant plus qu’il est le premier pesticide utilisé chez nous, soit 8000 tonnes. Pire, l’ANSES avait affirmé en 2010 que « le glyphosate (l’actif du Roundup) est le principal responsable du déclassement de la qualité de l’eau ». L’OMS note que « des études cas-témoins d’exposition professionnelle conduites en Suède, aux Etats-Unis et au Canada ont montré des risques accrus » d’un cancer du sang, auprès d’une population de jardiniers et d’agriculteurs. Il est incrompréhensible que le simple principe de précaution ne mène pas à l’interdiction rapide et complète du Roundup.
Malheureusement, comme je le soulignais dès 2008 en France, ou en 2013 aux Etats-Unis, Monsanto est très efficace pour défendre ses intérêts auprès des gouvernements. Le Monde termine son papier sur l’étude de l’OMS en notant que « l’interdiction du glyphosate, réclamée par plusieurs ONG, n’est pas pour demain (…) le tiers des membres du comité (de l’agence allemande) sont directement salariés… par des géants de l’agrochimie ou des biotechnologies ». Il revient donc aux politiques d’agir car aujourd’hui, en laissant faire la vente du Roundup, ils ne portent pas assistance à personne en danger, à savoir tous les citoyens du pays, qui peuvent être exposés aux cochonneries de Monsanto.
Le manque d’action des politiques, après tant d’études scientifiques est effarant. Mais, quite à déplaire, plus qu’interdire le Roundup, on peut se demander s’il ne faudrait pas carrément interdire tous les produits de la multinationale, et même tous les aliments exposés à ses produits.