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François Fillon réalise la bonne opération ce mois-ci. Tandis que François Hollande et Manuel Valls stabilisent leur chute post-« Charlie ».

François Fillon recolle aux leaders de l'UMP, toujours dominé par Alain Juppé.
François Fillon recolle aux leaders de l’UMP, toujours dominé par Alain Juppé. © NICOLAS TUCAT / AFP
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La longue descente de l’après-Charlie est finie pour le couple exécutif. François Hollande et Manuel Valls se stabilisent enfin. Le chef de l’État arrête sa chute à 24 % de bonnes opinions (+ 1) contre 74 % d’avis défavorables (+ 1). Que reste-t-il au bout du compte de l’effet Charlie ? 6 points de crédit supplémentaires. Le président a regagné 10 points de popularité depuis son plus bas niveau dans notre baromètre Ipsos-Le Point à la rentrée 2014(*).

Manuel Valls, de son côté, bénéficie toujours d’une cote d’amour bien plus élevée que le chef de l’État : 39 % de bonnes opinions (+ 1) contre 58 % d’opinions défavorables (58 %, + 2). Il le doit à ses soutiens plus nombreux au centre et à droite. Au MoDem, le Premier ministre enregistre 58 % d’avis favorables (contre 20 % pour François Hollande) et 31 % à l’UMP (là où Hollande ne mobilise que 4 %). Ce qui n’est pas sans poser de problème à terme pour le Premier ministre confronté à un Parti socialiste dont la motion majoritaire, présentée par Jean-Christophe Cambadélis, est nettement plus à gauche et tourne le dos à ce que Valls peut représenter politiquement…

Fillon recolle aux leaders à l’UMP

Le classement général laisse toujours apparaître la forte popularité d’Alain Juppé, avec 55 % de soutiens (- 2), largement devant Jack Lang (47 %, + 3), Laurent Fabius (44 %, – 3) et François Bayrou (44 %, stable).

Plus intéressante est la dynamique dont profite François Fillon. L’ancien Premier ministre profite de deux bons mois consécutifs pour prendre la 5e place au général : 44 % de bonnes opinions (+ 2). Un gain de six points en deux mois. Il s’agit de son meilleur score depuis août 2013. Nicolas Sarkozy pointe, quant à lui, à la 10e place du classement général, avec 37 % de bonnes opinions (+ 1).

Parmi les sympathisants UMP, les écarts se resserrent entre les ténors. Les trois principales personnalités se tiennent en 6 points : Nicolas Sarkozy (73 % d’avis favorables, – 3) devant Alain Juppé (71 %). François Fillon revient dans les roues avec 67 % d’avis favorables, en hausse de 7 points.

Bruno Le Maire, autre candidat déclaré à la primaire, est nettement plus loin chez les sympathisants UMP : 43 % de bonnes opinions (+ 3). L’ancien ministre de l’Agriculture est encore à ce stade pénalisé par un déficit de notoriété avec un taux de réponse de « Ne se prononce pas » situé à 38 %. L’entrée en campagne de Valérie Pécressse, candidate aux régionales en Ile-de-France face à Claude Bartolone, ne profite pas à l’élue UMP qui ferme le classement général avec 21 % d’opinions favorables (- 3). Ce n’est pas non plus la meilleure période pour Rama Yade : elle a perdu son procès contre son rival au Parti radicalet ne figure plus dans le top 10 du baromètre : 14e avec 34 % de bonnes opinions, elle recule de 4 points.

Najat Vallaud-Belkacem, sanctionnée à gauche

La réforme du collège impacte négativement l’image de Najat Vallaud-Belkacem : 34 % au général, en recul de 2 points. Les avis défavorables se montent à 50 % (+ 3). Mais pire encore, c’est au sein même des sympathisants PS que la ministre de l’Éducation nationale suscite des doutes. Ses soutiens baissent de 65 à 60 %. En deux mois, la jeune ministre a perdu 9 points chez les siens. Tout au contraire, Ségolène Royal jouit d’une bonne phase chez les sympathisants PS : avec 75 % de bonnes opinions, elle prend la tête ce mois-ci des personnalités au sein de sa famille politique. Un score qu’elle n’avait plus réalisé depuis juin 2007, après sa défaite à la présidentielle !

La plus forte hausse du baromètre est à mettre au crédit de Jean-Luc Mélenchon : + 6 points avec 33 % d’avis positifs. En fait, ce sont principalement les sympathisants socialistes qui expliquent ce mouvement. Le mois dernier, à la suite des divisions de la gauche aux départementales, ceux-ci l’avaient sanctionné en lui retirant 15 points d’avis favorables. Un mois plus tard, c’est déjà oublié : Mélenchon regagne 18 points chez les sympathisants PS, à 43 % d’avis favorables.

Pour être complet, il faudrait dire un mot de Marine Le Pen qui ne convertit pas ses succès dans les urnes en popularité auprès de l’ensemble des sondés. Avec 27 % d’avis favorables (en baisse d’un point), elle atteint, pour le deuxième mois consécutif, son plus bas niveau depuis l’élection de François Hollande. Ses déboires familiaux n’affectent pas sa cote auprès des sympathisants FN qui lui accordent 94 % de soutiens (+ 3). En revanche, la distance se creuse avec les sympathisants UMP où la leader frontiste ne recueille plus que 25 % de bonnes opinions (- 5 points). À son plus haut, Marine Le Pen était montée à 48 % d’avis favorables à l’UMP en septembre 2013.

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