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Stéphane Dupont 

Le chef de l’Etat et son prédécesseur s’emploient à verrouiller leur parti respectif. L’assurance, selon eux, d’une nouvelle candidature à la présidentielle.

François Hollande et Nicolas Sarkozy connaissent leurs classiques. Sous la Ve République, il est quasiment impossible d’entrer à l’Elysée sans l’onction et le soutien d’une grande formation politique. Désireux de briguer une nouvelle fois les suffrages des Français, les deux hommes s’emploient donc à reprendre le contrôle de leur parti respectif. Une première étape indispensable, à leurs yeux, pour avoir une chance de l’emporter dans deux ans. Avec une habileté manœuvrière certaine, le chef de l’Etat est parvenu à déminer le congrès du PS de Poitiers dans deux semaines. Une grand-messe, qui s’annonçait potentiellement explosive voilà quelques semaines encore. La motion pilotée par le couple exécutif a obtenu plus de 60 % des voix jeudi dernier et l’actuel premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, sera reconduit dans ses fonctions cette semaine. Un double vote qui devrait marginaliser les frondeurs et éloigner définitivement la perspective d’une primaire humiliante pour l’hôte de l’Elysée, la motion majoritaire l’en dispensant.

Pas moins habile, Nicolas Sarkozy va, lui, faire approuver à une écrasante majorité samedi les nouveaux statuts et le changement de nom de l’UMP (sauf décision judiciaire contraire ce mardi). Un plébiscite qui le confortera face à ses concurrents à droite en vue de 2017. L’un et l’autre sont convaincus qu’une fois que la machine partisane à leur service sera lancée rien ne pourra plus l’arrêter. Et que leur candidature s’imposera comme une évidence à l’opinion. Ce qui reste à démontrer. Nicolas Sarkozy n’est pas à l’abri d’un accident judiciaire. Malgré sa reprise en main réussie de l’UMP, il demeure au coude-à-coude avec Alain Juppé dans les sondages auprès de l’électorat de droite, celui qui les départagera lors de la primaire fin 2016. Et, neuf mois après son retour dans l’arène politique, les Français restent majoritairement hostiles à ce qu’il se représente. Mais c’est encore plus vrai pour François Hollande : seuls 21 % (!) des électeurs et 44 % des sympathisants de gauche souhaitent le voir concourir en 2017, selon un récent sondage Odoxa pour « Le Parisien ». Un désamour profond qui ne disparaîtra pas du jour au lendemain par la seule force des appareils politiques. Surtout en cette période de défiance record à l’égard des institutions.

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