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Le porte-parole de la FIFA Walter De Gregorio à Zurich, ce mercredi 27 mai 2015. (LT)

Le porte-parole de la FIFA Walter De Gregorio à Zurich, ce mercredi 27 mai 2015. (LT)

Les responsables de la FIFA, mais pas Sepp Blatter, s’expriment en ce moment sur le nouveau scandale qui agite l’organisation. Six personnes ont été interpellées pour soupçon de corruption. Ce matin aussi, à la suite d’une plainte de la FIFA elle-même à propos de l’attribution des coupes du monde de 2018 et 2022, le Ministère public de la Confédération a ouvert une enquête (cet article est régulièrement mis à jour)

Des responsables de la Fédération internationale de football (FIFA) s’expriment en ce moment sur le nouveau scandale qui agite la Fédération. Sepp Blatter n’est pas présent à cette conférence, qui attire environ 130 journalistes à Zurich. Les cadres indiquent que le congrès prévu vendredi est maintenu, et que l’élection du président demeure à l’ordre du jour.

Le porte-parole de la FIFA assure que les responsables de la Fédération n’étaient pas au courant des arrestations qui ont eu lieu ce jour. «Nous avons été surpris, comme tout le monde», glisse Walter De Gregorio.

«C’est un moment difficile pour nous, mais ces démarches sont positives», ajoute le communicateur, seul au front face aux journalistes. «Nous ne pouvons mener nous-mêmes ces investigations, nous avons besoin du soutien de la justice», insiste-t-il.

Six arrestations

Ce mercredi matin, six hauts responsables de la FIFA ont été arrêtés mercredi matin par la police suisse, a d’abord rapporté le New York Times ainsi que d’autres médias américains. Les six personnes ont été mises en détention en vue d’extradition, a indiqué l’Office fédéral de la justice (OFJ).

Dans un communiqué, l’OFJ a noté que «l’ordre d’arrestation se fonde sur une demande des autorités américaines. Le parquet du district Est de New York enquête sur ces personnes qu’il soupçonne d’avoir accepté des pots-de-vin et des commissions du début des années 90 à ce jour.»

Une enquête du MPC

Plus tard dans la matinée, le Ministère public de la Confédération a annoncé avoir saisi des documents au siège de la FIFA à Zurich. Il note avoir «ouvert une procédure pénale contre inconnu pour soupçon de gestion déloyale et de blanchiment d’argent entourant les attributions des Coupes du monde de football 2018 et 2022». Ce, à la suite d’une plainte de la FIFA elle-même, déposée en novembre 2014.

Accusés entendus ce jour

Concernant les personnes arrêtées, le parquet du district Est de New York soupçonne les six responsables d’avoir accepté des pots-de-vin et des commissions depuis les années 90. Ils auraient reçu des versements en échange de droits médiatiques, de marketing et de sponsoring de compétitions organisées aux Etats-unis et en Amérique du Sud. La police cantonale zurichoise, sur ordre de l’OFJ, entendra les personnes ce mercredi encore sur les faits qui leur sont reprochés. Au moins quatorze personnes sont visées par cette enquête, rapporte le New York Times.

Congrès annuelCette vague d’arrestation survient alors que la puissante fédération de football tient en cette fin de semaine à Zurich son congrès annuel. Le président Sepp Blatter, à la tête de la fédération depuis 1998, y briguera un cinquième mandat. Plus de 300 officiels de la FIFA se trouvent donc aujourd’hui à Zurich pour cet événement.

Les policiers suisses sont arrivés dans le Baur au Lac (photo Keystone), un luxueux cinq étoiles où les officiels de la FIFA ont leurs habitudes. Selon les sources judiciaires citées par le journal américain, les charges couvrent des faits de corruption présumés commis sur les vingt dernières années.

Sont notamment visées les conditions d’attribution de plusieurs éditions de la Coupe du monde ainsi que des contrats de marketing et de droits de retransmission télévisée. Les conditions dans lesquelles la FIFA a accordé à la Russie (2018) et au Qatar (2022) l’organisation de la Coupe du monde ont été fréquemment dénoncées ces derniers mois. Le Wall Street Journal écrit pour sa part que les inculpations devraient être rendues publiques ce mercredi par un tribunal fédéral de Brooklyn, à New York.

Parmi les noms évoqués dans cette affaire figurent ceux deJeffreyWebb, président de la Confédération de football d’Amérique du Nord et vice-président du comité exécutif, JackWarner, ancien membre du comité accusé de multiples violations à l’éthique,EugenioFigueredo, membre du comité exécutif etEduardo Li, président de la Fédération de football du Costa Rica. Ce dernier est à cette heure le seul qui est signalé comme étant l’une des personnes arrêtées ce mercredi matin.

Jeffrey Webb, président de la Confédération de football d’Amérique du Nord et vice-président du comité exécutif. (Keystone)

Sont aussi évoqués les noms Costas Takkas attaché du président de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF), Rafael Esquivel, président de la fédération vénézuélienne, José Maria Marin, président de la confédération brésilienne de football et Nicolás Leoz, ancien président de fédération sud-américaine de football.

Si Sepp Blatter n’a pas été inculpé, il n’est pas pour autant lavé de tout soupçon, souligne le New York Times. L’enquête en cours déterminera son implication.

http://www.letemps.ch