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Guillaume de Calignon
  • La pauvreté concentre grandes villes

    La pauvreté se concentre dans les grandes villes

  • Les grandes villes seuls endroits touchés grande pauvreté. Un département urbain Seine-Saint-Denis petites villes Nord-Pas-de-Calais Picardie fragilisés

    Les grandes villes ne sont pas les seuls endroits touchés par la grande pauvreté. Un département urbain comme la Seine-Saint-Denis ou des petites villes du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie sont aussi particulièrement fragilisés – Marta NASCIMENTO/REA

Près de 20 % de la population des villes se situant au centre de grandes agglomérations vivent sous le seuil de pauvreté.

C’est une première : l’Insee est désormais capable d’étudier précisément les revenus et le niveau de vie des Français dans les régions, les départements et même les communes. Il en ressort que, contrairement aux idées reçues, la pauvreté a tendance à être plus forte dans les villes qui se situent au centre d’une grande ou d’une moyenne agglomération. Ainsi, le taux de pauvreté, défini comme le pourcentage de ménages dont le niveau de vie est inférieur à 987 euros par mois pour une seule personne sur l’année 2012, s’élève en moyenne à 19,5 % dans les centres-villes de grands pôles urbains. L’Insee considère comme grands centres urbains les agglomérations qui comptent plus de 10.000 emplois. Celles-ci sont au nombre de 230 en France. Il ne s’agit donc pas seulement de Paris, Lyon et Marseille.

Paris, championne ­des inégalités

« Au sein des grandes aires urbaines, le taux de pauvreté est presque ­toujours plus élevé dans les villes-centres. Il atteint parfois deux ou trois fois celui des banlieues et plus de quatre fois celui des couronnes périurbaines (voire sept fois dans l’aire de Mulhouse : 30 % dans la ville-centre ­contre 4 % dans la couronne) », note l’Insee . En clair, il existe des banlieues aisées en France, ou en tout cas moins pauvres que les centres-villes. Parmi les très grandes aires urbaines, Marseille est un cas d’école : un quart de la population qui habite la ville vit en dessous du niveau de pauvreté, alors que 12 % des ménages sont pauvres en banlieue et 9 % dans la grande couronne. Pour mémoire, sur tout le territoire français, 14,3 % des ménages disposent d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Et, « au sein des grandes aires urbaines, le taux de pauvreté est en général plus élevé à l’intérieur des villes-centres. Toutefois, au sein de ces villes, il peut exister de fortes disparités », remarque Luc Brière, chef de la division des statistiques locales à l’Insee. Ce sont là où se côtoient les plus riches et les plus pauvres. A Paris, le niveau de vie des 1 % les plus riches se situe ainsi à 177.700 euros par an, tandis que le revenu médian des personnes vivant sous le seuil de pauvreté ne s’élève qu’à 8.620 euros par an. Un grand écart impressionnant. Dans la capitale, les revenus des 10 % les plus riches sont 6,7 fois supérieurs à ceux des 10 % les moins aisés, alors que ce rapport est de 3,5 en moyenne dans la population française.

Les retraités moins exposés

Les grandes villes ne sont cependant pas les seuls endroits touchés par la grande pauvreté. Un département urbain comme la Seine-Saint-Denis ou des petites villes du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie sont aussi particulièrement fragilisés.

« Quand on s’intéresse aux différents types de ménages, les plus touchés par la pauvreté monétaire sont généralement les ménages jeunes, ceux qui comptent cinq personnes ou plus et les familles monoparentales », note Luc Brière. A l’inverse, les retraités sont, en moyenne, proportionnellement moins nombreux que le reste de la population à vivre en dessous du seuil de pauvreté. Pour les personnes les plus modestes, « le niveau de vie dépend plus fortement des prestations sociales. Ainsi, parmi les 10 % de personnes ayant les plus faibles niveaux de vie, les prestations sociales représentent plus de 35 % du revenu disponible dans les trois quarts des régions », a calculé l’Insee. Dans le Nord-Pas-de-Calais, près de la moitié des revenus des 10 % les plus pauvres – 48 % exactement – proviennent des prestations sociales.

http://www.lesechos.fr/