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 Etienne Lefebvre 

Le ministère de l’Education nationale tend décidément le bâton pour se faire battre. L’an dernier, une vive polémique s’était développée suite à la décision du gouvernement de supprimer les bourses au mérite versées à des bacheliers obtenant la mention très bien au baccalauréat et aux meilleurs étudiants de master, des étudiants touchant par ailleurs déjà une aide sur critères sociaux. Le Conseil d’Etat avait suspendu cette décision, pour des raisons de forme, demandant le rétablissement de ces bourses en attendant le jugement sur le fond. Et la rue de Grenelle avait obtempéré, en février. Fin de l’histoire ? Pas du tout : par un arrêté paru en toute discrétion la semaine dernière, il est stipulé que le montant des bourses au mérite va être divisé par deux. Sans le partager – le signal envoyé était déjà très contestable -, on pouvait entendre l’argumentaire du gouvernement l’an dernier, quand il arguait préférer interrompre une aide jugée peu efficace au profit d’une réforme plus globale du système des bourses.

La division par deux des bourses au mérite est, elle, incompréhensible. L’économie est minime, l’efficacité du dispositif sera encore plus réduite, et que dire du message adressé aux quelque 7.000 étudiants bénéficiaires. Politiquement, c’est une faute. Après avoir été contraint de réviser sa copie, après avoir subi des attaques à droite, mais aussi à gauche, sur une réforme visant à mettre un terme à un dispositif ciblé sur les plus méritants, l’exécutif aurait dû faire profil bas. Le retour de ce dossier sur le devant de la scène tombe en outre au plus mal pour lui. En plein conflit sur la réforme du collège, le gouvernement donne une fois de plus le sentiment de privilégier des dispositifs égalitaires – le nivellement par le bas, martèle la droite – au détriment du soutien à des filières d’excellence.

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