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Bernard Émié, François Hollande, France-Algérie, groupe PSA, Mali, Nicolas Gauthier, Nicolas Sarkozy

François Hollande ? Décidément, cet homme est un tournis de chaque instant : onze déplacements en seulement quatre jours, qui dit mieux ?
De deux choses l’une : où notre Président fonctionne désormais en triphasé ou il est tout simplement en précampagne électorale. D’où cette métaphorique explication donnée au Monde : « Ceux qui gagnent, c’est ceux qui sont capables d’accélérer au moment décisif… » Évoque-t-il la future échéance électorale, ou plus prosaïquement, ses galipettes avec Ségolène, Valérie ou Julie ? Car enfin : « Depuis le début de mon quinquennat, je dis qu’il faut accélérer. Il y a des urgences insupportables et nous n’avons pas atteint les résultats, c’est le moins qu’on puisse dire. »
Bref, les Français sont en droit légitime de se demander ce que fabrique le gouvernement et ce que l’on peut bien faire à l’Élysée…
Son dernier voyage en date ? Tout juste quatre petites heures passées en Algérie, ce lundi après-midi. Soit à peine plus, ou moins, que ces deux séjours exprès consacrés au 24 Heures du Mans et à on ne sait quelle foire au pinard à Bordeaux. Voilà qui a de quoi laisser rêveur quant à ses priorités politiques. Et qui donne surtout une étrange résonance à ce voyage algérien, là où le président Abdelaziz Bouteflika demeure singulièrement absent de la scène intérieure, mais pour d’évidentes raisons médicales, s’entend. Pourtant, même diminué, le vieil homme continue d’avoir la haute main sur les affaires de son pays, même si c’est son jeune frère, Saïd Bouteflika, qui fait à la fois tourner affaires courantes et services secrets.
Nonobstant, soyons justes : en matière de relations franco-algériennes – pas les plus faciles pour d’évidentes raisons historiques -, François Hollande fait plutôt mieux que Nicolas Sarkozy, sachant que l’empressement et la goujaterie d’icelui avaient souvent le don de braquer nos partenaires d’outre-Méditerranée. Pour être plus juste encore, c’est Arnaud Montebourg, le seul finalement à ne pas brasser que du vent dans ce gouvernement, qui avait balisé le terrain. Le fait qu’il se soit tardivement découvert un quart de sang maghrébin aura-t-il joué ? En ces terres orientales, tout demeure possible…
Il n’empêche que les positions perdues par la France au profit de la Chine ont fini par être regagnées : 7.000 entreprises françaises exportent en Algérie, tandis que 450 de ces dernières y sont durablement installées. De source confidentielle, d’où peut-être la brièveté de ce voyage, il s’agissait surtout de permettre au groupe PSA de peaufiner, avec l’Algérie, un partenariat un temps avorté pour avoir voulu installer une usine au Maroc, qui venait déjà de voir débarquer son homologue de chez Renault. Il fallait donc rééquilibrer ; ce qui semble en passe d’être fait.
Et, derrière les affaires, comme toujours, la géopolitique. Car si l’armée française « réussit » au Mali, c’est en grande partie grâce à cette Algérie avec laquelle nos rapports sont si complexes… À la manœuvre ? L’un de nos meilleurs ambassadeurs, Bernard Émié, éminent représentant de la grande tradition gaullo-mitterrandienne du Quai d’Orsay, jadis membre du premier cercle du pouvoir chiraco-élyséen, qui n’hésite pas, à cette occasion, cité par le quotidien El Watan, à évoquer des « relations politiques qui n’ont jamais été aussi bonnes et une proximité historique et humaine ».
Dans l’actualité, il n’y a pas forcément que de mauvaises nouvelles.