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Par Franck Stassi

Les fortes températures qui devraient toucher le pays au moins jusqu’à la fin de la semaine (40 degrés ce mardi à Angoulême ou 37 degrés ce mercredi à Paris, par exemple) ont certes des conséquences sur les conditions de travail dans les champs, mais également sur les cultures, qui réagissent à des degrés différents à ces variations. « Survenant fin juin-début juillet, cet épisode de chaleur est inédit en termes de timing. Habituellement, de telles températures surviennent en août, après la récolte des céréales à paille », indique Sébastien Poncelet, consultant au cabinet en gestion du risque de prix Agritel.
A l’approche de la moisson, qui s’étale entre la fin juin et la mi-août selon les régions, les inquiétudes se cristallisent sur le blé. « Il convient d’attendre au moins une semaine pour se prononcer sur l’impact réel de ce pic de chaleur sur les cultures. Les plantes sont en fin de cycle et le grain finit de se remplir. Lorsque le mercure grimpe, il faut suivre en premier lieu la question des rendements. A partir de 25-26 degrés, cette évolution se fait moins bien, d’où une potentielle perte de poids. Fin juin, le potentiel pour la récolte était bon ; peut-être le sera-t-il un peu moins à cause de cet épisode. Par ailleurs, il n’a pas plu sur une large partie de la France depuis la fin mai », explique Pascal Hurbault, de l’Association générale des producteurs de blé.
Plus de la moitié des surfaces de blé concernées
« 45% des surfaces françaises en blé sont proches de la maturité et devraient donc être peu affectées, à la différence des 55% restants », complète Sébastien Poncelet, qui insiste sur le phénomène d’échaudage. Celui-ci grille les grains, qui sont en train de se remplir, mais n’affecte pas leur qualité protéique : « il aboutit à de plus petits grains, mais permet de concentrer les protéines, comme on peut le constater dans les zones semi-arides des Etats-Unis« . « Nos travaux historiques ont montré que, pendant la phase de remplissage, chaque jour où les températures maximales excèdent 25 °C pénalise les poids de mille grains de l’ordre de 0,8 g, ce qui, pour des nombres de grains classiquement rencontrés en conditions agricoles, correspond à une perte de rendement de l’ordre de 1,5 quintal par hectare », précise l’institut technique Arvalis, porté par la filière agricole.
Le maïs épargné, sauf si la canicule dure
Le maïs supporte mieux la chaleur en raison de ses origines tropicales. « Toutefois, à partir de 30 degrés, les températures deviennent très pénalisantes, même si la récolte n’est encore qu’une échéance lointaine (fin septembre-mi octobre). La floraison des maïs intervenant aux alentours du 14 juillet, il ne faudrait pas que la canicule s’éternise trop », ajoute Sébastien Poncelet. Quant aux orges, « qui sont les premières céréales à paille à être récoltées, elles sont pour l’heure plutôt bonnes en rendement », estime Pascal Hurbault. Néanmoins, si elles venaient à être trop chargées en protéines, cela pourrait affecter, pour les variétés brassicoles, les fabricants de bière en raison d’un liquide plus trouble.