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Grégoire barbey

Les marchés financiers n’y croyaient pas vraiment. Les Grecs l’ont fait. Et l’écart a de quoi surprendre: dans la soirée d’hier, c’était à plus de 60% qu’ils avaient refusé la proposition européenne soumise par le premier ministre Alexis Tsipras. Alors que tout portait à croire jusque-là que le résultat serait particulièrement serré.

Cet écart très imprévu risque d’avoir des impacts sur la confiance des marchés financiers, qui demandent surtout que la situation reste sous contrôle. L’incertitude est plus élevée qu’avant et l’interprétation politique officielle de ce résultat est attendue aujourd’hui lors des différentes réunions institutionnelles en Europe.

D’aucuns y voient déjà un pas de la Grèce en-dehors de la zone euro. Comme si le signal était aussi évident et unilatéral. Dès l’annonce du référendum, le gouvernement d’Alexis Tsipras avait pourtant martelé sa position: il s’agit de se prononcer sur les mesures proposées par les créanciers de la Grèce, non sur le maintien du pays dans la zone euro.

Les dirigeants européens ont tenté tout au long de cette brève campagne d’en faire un vote pour ou contre l’Europe. C’était de bonne guerre. Mais les citoyens grecs avaient aussi l’occasion historique d’exprimer leur ras-le-bol à l’égard de mesures d’austérité coupables à leurs yeux de les avoir appauvri ces dernières années.

Le message envoyé hier par la Grèce sera de toute manière difficile à interpréter, et sujet à bien des malentendus. Tout comme ce fut le cas – et ça l’est encore – en Suisse il y a 18 mois avec le vote sur l’immigration de masse. La question posée en apparence par ces deux scrutins paraissait claire et précise. Les conséquences le sont en revanche beaucoup moins. Même si le résultat en  Suisse était beaucoup plus équilibré que la position des Grecs sortie hier soir des urnes.

C’est d’ailleurs sur ce point que la Commission européenne devra se déterminer: Alexis Tsipras a pris un grand risque en convoquant ce référendum. Il l’a emporté haut la main. Refuser de retourner à la table des négociations ne ferait qu’accentuer la défiance d’une partie de l’opinion européenne envers l’Union. Un vote populaire aussi clair peut-il réellement être ignoré? La réponse à cette question aura une influence sur l’avenir commun de l’Europe.

 

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