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Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters et Associated Press

Alexis TsiprasAlexis Tsipras Photo :  GI/ANDREAS SOLARO

Aux prises avec une fronde populaire et politique – y compris dans ses rangs -, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, affirme qu’il n’a pas eu le choix d’accepter l’accord « imposé » par les créanciers de la Grèce et qu’il l’a fait pour « éviter le désastre au pays ».

À 24 heures du vote sur l’accord conclu in extremis avec les partenaires européens du pays, la veille, à Bruxelles, il a pressé les élus, mardi, de donner leur feu vert aux réformes proposées par l’Union européenne.

Ce troisième plan d’aide en cinq ans, estimé à 86 milliards d’euros sur trois ans, prévoit notamment d’importantes hausses de taxes, une réduction des retraites et du coût de la fonction publique et la privatisation de certaines sociétés d’État.

« La triste vérité, c’est qu’on nous a imposé cette voie à sens unique », a-t-il soutenu sur les ondes de la télévision publique grecque Ert, critiquant l’intransigeance des créanciers et le « ton vindicatif » qu’ils ont adopté à l’issue du référendum du 9 juillet.

Athènes est obligée de mener ces réformes afin d’écarter définitivement le spectre d’une sortie de la zone euro, s’est-il justifié.

« J’assume mes responsabilités pour toute erreur que j’ai pu commettre et pour avoir signé un texte auquel je ne crois pas, mais que je suis contraint de mettre en œuvre pour éviter un désastre au pays. » — Alexandre Tsipras

« En aucun cas », a-t-il assuré, il n’aurait « accepté ce plan » si l’« étude sur les conséquences d’un Grexit », qu’il avait commandée, l’avait convaincu qu’il s’agissait pour la Grèce d’une solution viable.

Alexis Tsipras a par ailleurs exclu des élections anticipées, disant ne pas avoir « l’intention d’échapper à ses responsabilités ».

Révolte ouverte dans son propre camp

En colère contre le premier ministre Tsipras, plusieurs dizaines de députés de sa formation, Syriza, incluant certains ministres, et des élus de son partenaire de coalition, Anel, déplorent qu’il ait accepté des réformes pourtant rejetées massivement par les Grecs il y a cinq jours.

Plusieurs d’entre eux s’apprêteraient d’ailleurs à voter contre les réformes préconisées lors du vote crucial de mercredi. Le ministre de l’Énergie Panagiotis Lafazanis, par exemple, a qualifié l’entente d’« inacceptable ».

Un responsable gouvernemental a soutenu qu’Alexis Tsipras remanierait probablement son gouvernement après le vote, de façon à écarter les ministres dissidents des postes-clés de son cabinet.

L’entente rencontre également une résistance au sein de la population. Plusieurs syndicats ont appelé à une grève qui coïncidera avec le vote au Parlement.

Les banques pourraient rester fermées jusqu’à la mi-août

Des personnes font la file pour retirer de l'argent d'un guichet automatique devant une banque de l'île de Crète.Des personnes font la file pour retirer de l’argent d’un guichet automatique devant une banque de l’île de Crète. Photo :  Reuters/Alkis Konstantinidis

Alexis Tsipras a par ailleurs laissé entendre que les institutions bancaires du pays, fermées depuis le 29 juin, pourraient n’ouvrir que le mois prochain pour éviter que les Grecs retirent tout leur argent.

Cela dépendra de l’accord final, « qui n’aura pas lieu avant un mois », a-t-il rappelé. Il a cependant dit espérer que la Banque centrale européenne augmente son aide d’urgence aux banques grecques, ce qui permettrait aux Grecs de retirer davantage aux guichets automatiques que les 60 euros quotidiens auxquels ils ont droit actuellement.

Le FMI offre une aide conditionnelle

Réclamée par les Européens, la participation du Fonds monétaire international (FMI) au plan d’aide est loin d’être acquise, a prévenu l’institution mardi dans un rapport. Elle ne sera possible que si l’Union européenne s’engage à alléger massivement la dette du pays, qui frôle les 320 milliards d’euros.

En vertu de ses règles internes, le FMI ne peut accorder des prêts à un pays que si sa dette est considérée comme « viable ». Or, son diagnostic actuel est sans appel : la dette grecque est « totalement non viable ». L’organisation financière estime qu’elle devrait approcher les 200 % du produit intérieur brut du pays dans les deux prochaines années, contre environ 175 % actuellement.