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Par Cécile Ducourtieux
La Commission européenne a dit qu’Athènes avait « satisfait » aux exigences de l’accord, quelques heures après que le Parlement grec a adopté une première série de réformes, ce qui laisse penser que l’obtention du prêt relais est en bonne voie.
La Grèce n’aura pas ainsi à attendre l’arrivée de ce troisième plan d’aide, dont la mise en place va demander des semaines. Le pays, qui n’était pas parvenu à rembourser le 30 juin le Fonds monétaire international (FMI), pourra ainsi éviter un défaut de paiement supplémentaire.
En l’occurrence, Athènes va disposer des moyens de franchir sans encombre le cap du lundi 20 juillet, date à laquelle elle doit verser 3,5 milliards d’euros à la Banque centrale européenne (BCE). Elle pourra également s’acquitter de ses arriérés de paiement auprès du FMI, soit 2 milliards d’euros au total.
Ce remboursement du FMI permettra aussi à ce dernier de s’asseoir à nouveau à la table des négociations pour discuter d’une participation au troisième plan d’aide à la Grèce. En effet, l’institution de Washington ne peut pas prêter à un pays si ce dernier lui doit de l’argent.
Réserves du Royaume-Uni et de la République tchèque

Le mécanisme de prêt-relais validé par l’Eurogroupe consiste à prélever 7 milliards d’euros dans le FESM, un fonds européen d’urgence mis en place pendant la crise financière, alimenté par les pays de l’Union européenne et destiné à aider les Etats qui sont en difficulté.
Le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui sera le plus gros contributeur au prochain plan d’aide à la Grèce (à hauteur de 40 à 50 milliards d’euros, selon une source européenne), remboursera ensuite le FESM, dès que ce troisième plan sera bouclé. Les 7 milliards d’euros de prêt-relais seront ainsi déduits des sommes qu’avancera le MES à Athènes.
Ces derniers jours, deux pays, le Royaume-Uni et la République tchèque, avaient toutefois émis des réserves quant à l’utilisation du FESM. « Dans la nuit du dimanche 12 juillet, quand l’option du FESM est apparue, on a oublié de prévenir les Anglais. Lundi, Londres s’est plaint d’avoir appris dans les médias que l’argent des Britanniques irait peut-être à la Grèce », raconte une source diplomatique.
Garanties
Mais Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne a arrondi les angles. Face aux réticences des Britanniques et des Tchèques, qui disaient ne pas vouloir porter un risque de non-remboursement de la part d’Athènes, les fonctionnaires bruxellois ont imaginé la mise en place d’une garantie.
La Commission propose ainsi que, pour les pays « non-zone euro », les 7 milliards d’euros avancés soient garantis par une partie des profits réalisés par la BCE sur les obligations souveraines grecques. Pour les pays de la zone euro, la garantie proviendra des fonds structurels alloués à la Grèce.
Le prêt d’urgence ne couvrira toutefois pas la totalité des besoins de financement de la Grèce, qui se situent à 7 milliards d’euros en juillet et 5 milliards en août, selon les estimations des représentants des créanciers.
