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Sceaux. L’Orangerie vise désormais à accueillir toutes les sculptures qui existaient dans le parc de Sceaux et que l’Histoire a disséminées aux quatre coins du globe.
Sceaux. L’Orangerie vise désormais à accueillir toutes les sculptures qui existaient dans le parc de Sceaux et que l’Histoire a disséminées aux quatre coins du globe. (LP/J. VA.)

Elle s’appelle l’Orangerie. Mais ce bâtiment rectangulaire, situé à l’entrée du parc de Sceaux, a finalement abrité bien plus d’œuvres d’art que d’orange en quatre cents ans.

Et le bâtiment en accueillera encore de nombreuses. Après un an de rénovation, le musée départemental de Sceaux a décidé d’y installer toutes les sculptures du parc qui ont été disséminées aux quatre coins du monde.

De quoi lui rendre la beauté de ses premiers jours.

L’histoire de l’Orangerie commence avec celle du domaine. En 1686, le marquis de Seigneley, fils du ministre des Finances de Louis XIV, la fait construire pour y accueillir des orangers. « C’était très à la mode à l’époque et un signe de prestige. Les fruits étaient utilisés pour des marmelades ou différents plats. La boisson officielle du soir à Versailles était l’orangeade », raconte Domique Brème, directeur du domaine départemental de Sceaux. Le bâtiment, créé par l’architecte Jules de Mansart, s’étire alors sur une centaine de mètres de long, avec des vitres côté sud pour faire entrer le soleil. Mais il est tellement beau, que le marquis, grand collectionneur, préfère en faire une galerie. Des tableaux de Poussin, Raphaël ou Lebrun ou de somptueuses tapisseries ornent alors ses murs.

Lorsqu’en 1690, le domaine passe dans les mains du duc du Maine, fils de Louis XIV et de Mme de Montespan, l’Orangerie devient le théâtre de quelques-unes des Grandes nuits de Sceaux, ces bals masqués et soirées festives dont la duchesse en avait le secret. Mais contrainte à la discrétion, après une tentative de coup d’État raté, la duchesse du Maine limite ses folles nuits. Elle fait planter des orangers dans le bâtiment vers 1730. Environ 210 arbres y poussaient.

A la Révolution, le domaine est confisqué par la Nation. L’État dissémine les œuvres d’art de l’Orangerie, comme celles du parc, du château et des autres bâtiments. Puis il cède le site à un bourgeois marchand. L’Orangerie devient une grange de luxe, qui dépérit année après année.

Malgré une brève reconstruction, au début du XIXe siècle, l’Orangerie est bombardée en 1891, par les Prussiens. Un tiers de l’édifice est détruit. Il acquiert sa taille actuelle.

Ce n’est qu’en 1923, quand le département de la Seine rachète le domaine, que des opérations de restauration débutent. Opérations relancées par le conseil départemental des Hauts-de-Seine il y a un an. De lourds travaux de restauration et d’isolation permettent désormais aux œuvres de reposer paisiblement dans l’Orangerie. Et de s’ouvrir occasionnellement au public, sur demande, lors des journées du patrimoine ou très prochainement, du Festival de musique de chambre de l’Orangerie.

Parc départemental de Sceaux. Ouvert tous les jours jusqu’à 22 heures. Plus d’informations : 01.41.87.29.50.