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Le départ de Bachar al Assad ne pourra pas être négocié « en un jour ou en un mois », a prévenu le secrétaire d’Etat américain.
Le président syrien Bachar al Assad doit quitter le pouvoir, mais son départ ne pourra qu’être le résultat de négociations, a déclaré samedi le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui a demandé l’appui de Moscou et Téhéran pour convaincre Damas de discuter. Il est selon lui urgent d’intensifier les efforts pour trouver une solution politique susceptible de mettre fin à un conflit vieux de quatre ans.
« Nous devons nous mettre à négocier », a dit John Kerry. « C’est ce que nous recherchons et nous espérons que la Russie et l’Iran et tous les pays qui ont de l’influence, participeront à cet effort », a-t-il dit. « Nous sommes prêts à négocier. Assad est il prêt à négocier, à négocier pour de bon ? La Russie est elle prête à l’amener à la table ? » Le départ de Bachar al Assad ne pourra pas être négocié « en un jour ou en un mois », a-t-il prévenu. « C’est un processus au cours duquel toutes les parties se réunissent pour trouver un accord sur la manière de trouver la meilleure solution. »
Les responsables russe et américain de la Défense se sont entretenus vendredi pour la première fois depuis un an afin de discuter du conflit en Syrie, rapporte le Pentagone. Le secrétaire américain à la Défense, Ash Carter, et le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, « sont convenus de poursuivre la discussion sur des mécanismes de désescalade du conflit en Syrie et sur la campagne contre l’Etat islamique », précise le département américain de la Défense.
Dans son compte rendu de cette discussion téléphonique d’une cinquantaine de minutes, le ministère russe de la Défense note qu’elle a démontré l’existence d’un « terrain d’entente » entre les deux puissances sur la plupart des sujets évoqués. La dernière conversation entre Choïgou et le patron du Pentagone, à l’époque Chuck Hagel, remontait à août 2014. Plus globalement, les contacts militaires à haut niveau entre Washington et Moscou ont été rompus à la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie, en mars 2014.
Troupes russes en Syrie
Sur le dossier syrien, Washington, qui reproche à Moscou son soutien au régime du président syrien Bachar al Assad, se dit depuis des jours inquiet du renforcement de la présence militaire russe en Syrie, notamment dans le secteur de Lattaquié, sur la côte méditerranéenne. Cet engagement russe croissant rend crédible l’hypothèse de raids simultanés d’avions américains et russes qui nécessiteraient une forme de coordination, d’autant que le Kremlin a annoncé vendredi que la Russie examinerait la possibilité d’envoyer des troupes en Syrie si le gouvernement syrien en fait la demande.
Ash Carter a profité de ce contact pour réaffirmer que « la mise en échec (de l’EI) et la mise en place d’une transition politique sont des objectifs qui doivent menées en même temps », rapporte-t-on de source proche de l’administration américaine. Sergueï Choïgou, ajoute-t-on de même source, « a indiqué que les activités russes étaient défensives par nature et qu’elles visaient à honorer des engagements pris auprès du gouvernement syrien ». Barack Obama pense que des discussions entre les Etats-Unis et la Russie sur les différentes options militaires en Syrie marqueront une étape importante en vue d’un règlement dans ce pays, a déclaré vendredi le secrétaire d’Etat américain John Kerry, en visite à Londres. (voir )
Selon deux hauts responsables américains, un petit nombre d’avions militaires russes stationnent sur une base aérienne syrienne, accréditant l’hypothèse de Washington selon laquelle Moscou consolide sa présence militaire sur place. L’un des deux responsables, qui s’exprimait sous le sceau de l’anonymat, a dit que quatre appareils russes étaient posés sur un aéroport situé près de Lattaquié, bastion du régime syrien.