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Benyamin Netanyahou, Israël, Mahmoud Abbas, résistance pacifique
Assiste-t-on à l’éclatement d’une troisième Intifada, qui plongera dans une nouvelle spirale de violence ce Proche-Orient déjà bouleversé par le conflit syrien? La question fait bien sûr les gros titres de la presse israélienne et internationale, même s’il est beaucoup trop tôt pour y répondre. Ce qui est certain, par contre, c’est que la fabrique du désespoir palestinien ne s’est jamais aussi bien portée. Ou du moins, pas depuis les deux premières Intifadas (1987 et 2000).
Les enquêtes d’opinion menées par l’équipe du politologue Khalil Shikaki donnent la mesure de la désillusion et de la colère: la plupart des Palestiniens ne croient carrément plus à la solution des deux Etats côte à côte. Et 42% sont convaincus qu’en tout cas cela ne se fera pas sans un conflit armé. Du coup, 57% souhaitent une Intifada. Et deux sur trois réclament la démission de Mahmoud Abbas, président palestinien qui prône une résistance pacifique.
Chef mal-aimé d’un «Etat fantôme», ce dernier vient de déclarer à la tribune de l’ONU, la semaine dernière, qu’il n’est plus tenu par les Accords d’Oslo de 1993 puisque le gouvernement israélien, lui, ne les respecte pas. Il est vrai que Benyamin Netanyahou, pour remporter en mars les élections et se maintenir au pouvoir, a déclaré durant la campagne qu’il n’y aurait pas d’Etat palestinien pendant son mandat. D’ailleurs, il ne dispose que d’une fragile majorité au parlement et ne peut pas froisser, dans sa coalition, les partis de la droite religieuse et nationaliste.
L’espoir est mort. Ce ne sera pas la seule victime.