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Al-Qaïda, Arabie Saoudite, DAECH, Georges Malbrunot, l'appel des 53 religieux, une promesse d'investir 50 milliards
Or en Arabie, les sympathisants djihadistes sont très nombreux, et ils sont très actifs sur les réseaux sociaux, ce qui inquiète les autorités. Mais celles-ci ne sont probablement pas à l’unisson et, comme souvent, au sein du pouvoir saoudien, certains peuvent être tentés de fermer les yeux, tandis que d’autres sont pour la fermeté ou le dialogue avec la Russie – dimanche Poutine a reçu le tout puissant fils du roi Salman. C’est là tout le problème. En gros, certains en Arabie estiment que «face à la guerre sainte lancée par l’Eglise orthodoxe russe en Syrie, nous devons répondre par une autre guerre sainte». Spirale évidemment dangereuse.
Ces religieux estiment que «les combattants de la guerre sainte en Syrie défendent la nation musulmane dans son ensemble.» Où et par qui ce combat pour l’oumma est-il prôné politiquement?
Ces religieux, dont certains ont un passé d’opposants à la monarchie saoudienne, voient dans les Russes une intervention extérieure à la nation musulmane qu’il convient de combattre. Et ils y mettent une once de référence sectaire, comprendre anti-chiite, histoire de mobiliser les foules sunnites.
La France, qui longtemps mis sur le même plan la lutte contre l’Etat islamique et la destitution d’Assad, entretient de bonnes relations diplomatiques et commerciales avec l’Arabie saoudite, malgré ses positions ambiguës au sujet des mouvements djihadistes qui se développent au Proche et Moyen Orient. Comment expliquer cette discrétion à ce sujet?
Petite correction: sous le coup des événements, Paris a dû revoir sa copie puisqu’aujourd’hui on combat d’abord Daech même si on rappelle que Bachar n’a pas d’avenir politique en Syrie, ce qui fait à peu près consensus en Occident. Nos bonnes relations avec Riyad s’expliquent par la convergence de vues sur les principales crises du Moyen-Orient: le nucléaire iranien – Paris a joué son rôle en relayant avec ardeur les inquiétudes des monarchies du Golfe – la Syrie, le Yémen, même si sur ce dernier dossier, les diplomates français critiquent mezzo voce l’entêtement saoudien et l’impasse dans lequel nous sommes engagés au Yémen où la solution à la crise ne sera pas militaire. Mais – et c’est l’autre explication – nous sommes très discrets devant Riyad, car nous escomptons la conclusion de contrats commerciaux avec l’Arabie, principale puissance du Golfe, et nous exploitons le désamour entre Riyad et Washington pour pousser nos pions. Le Roi Salman a fait transmettre le 21 avril dernier à la France une promesse d’investir 50 milliards de dollars «pour redresser» l’économie française, comme Le Figaro l’a révélé. Depuis, nous cherchons à concrétiser cette alléchante promesse. Certains affichent cependant une certaine prudence rappelant qu’une précédente offre d’aide saoudienne de 15 milliards de dollars est restée lettre morte.