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C’est un débat qui dure depuis la signature de cette charte par le gouvernement en 1999. L’an dernier, l’Assemblée Nationale avait voté une proposition de loi visant à la ratifier. Mais heureusement, le Sénat a rejeté le texte par l’adoption d’une motion de procédure entrainant son rejet.

Le Sénat met son veto

Cette charte européenne des langues régionales est malheureusement une ancienne histoire, puisqu’elle date de 1992, la même année que le sinistre traité de Maastricht, porteur de la monnaie unique et l’espace Schengen. Déjà, en 1999, quand la France, alors gouvernée par Lionel Jospin, n’avait pu la signer qu’en l’accompagnant « d’une ‘déclaration interprétative’ qui en limitait la portée afin de ne pas déroger à nos principes constitutionnels ». En effet, il y a plusieurs années, le Conseil d’Etat avait émis un jugement défavorable sur ce texte européen. Depuis, la ratification est bloquée car elle nécessite une réforme de la Constitutions, et donc le vote identitique de l’Assemblée et du Sénat puis une majorité des trois cinquièmes du Congrès. Pourtant, François Hollande en avait fait la promesse.

L’an dernier, l’Assemblée Nationale, avec sa majorité de gauche hostile à la nation et toujours partante pour l’affaiblir au détriment de l’Europe et des collectivités locales, a voté une proposition de loi visant à la ratifier. Il y a quelques jours, quelques petites manifestations ont eu lieu pour soutenir la ratification : à Arles, dans un cortège de 2000 à 3000 personnes, on croisait le PS, Christian Estrosi, et Marion Maréchal Le Pen. Le FN n’a décidemment aucune cohérence dans son positionnement : outre le 180° économique, il est jacobin à Paris et régionaliste en région, en somme, aussi politicien que le PS et les ex-UMP qu’il dénonce. Mais le Sénat a bloqué cette idée funeste en coupant court au débat.

Une idée totalement funeste

Bien sûr, le Monde, favorable à cette charte, traite l’information en toute objectivité parlant d’un Sénat qui se serait « écharpé » et disant que « les partisans d’une reconnaissance plus explicite des langues régionales se heurtent à un mur juridico-politique, jocobins et républicains farouches », vantant un « patrimoine de la France », sans la moindre vergogne pour un journal qui s’oppose en général à la tradition et au patrimoine. En fait, c’est le Conseil Consitutionnel qui avait jugé « qu’une telle reconnaissance de minorités linguistiques porterait atteinte aux principes d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français », imposant potentiellement aux administrations l’usage des langues régionales, et donc une remise en cause du français comme notre unique langue officielle.

Pourtant, aujourd’hui, ce n’est pas comme si les langues régionales étaient persécutées, contrairement aux absurdités véhiculées par l’incroyable texte de défense de cette charte. Non seulement elles peuvent être utilisées dans la vie privée, mais certaines bénéficient de média ou même d’enseignement. Nul besoin de remettre en cause l’unicité du français, ce lien qui réunit et définit tous les citoyens. Cela est d’autant plus préjudiciable que l’anglais ne cesse, insidieusement, de progresser dans l’espace public, les publicités, ou les noms commerciaux prenant de plus en plus une inutile consonance anglo-saxonne, si ce n’est pour les comptes de résultat des multinationales, qui peuvent y trouver le moyen de faire des économies d’échelle. L’occitan, le basque ou le breton sont les alliés de l’anglais…

Merci donc au Sénat d’avoir bloqué le processus de ratification de cette charte des langues régionales, qui n’aurait jamais du voir le jour. Au nom de quoi cette Europe folle se mèle des langues régionales ? Comment cela pourrait-il être justifié au nom de cette fameuse subsidiarité ?

à 07:55