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Jean-Louis Debré, très populaire.

Jean-Louis Debré, très populaire.

Le Président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré est à Brive ce week-end. Il dédicace son livre Le Monde selon Chirac (Tallandier).

Que souhaitiez-vous raconter sur Jacques Chirac ?

Quand on regarde les hommes politiques, souvent on a l’impression qu’ils n’ont pas d’idées, qu’ils surfent sur la vague de l’événement. Or, en travaillant, en reprenant tout ce que Chirac a dit, avant même qu’il ne soit Président de la République, ou même Premier ministre, ou ministre, en étant simplement député de la Corrèze, j’ai trouvé qu’il y avait, dans sa réflexion, un certain nombre de constances, des thèmes qui vont revenir tout au long de sa vie. Ce qui fait aussi l’actualité de sa réflexion aujourd’hui.
Quand il parle du dialogue des cultures, est-ce qu’on se souvient aussi qu’il avait refusé d’embarquer la France dans une expédition américaine en Irak ? Parce que c’était le dialogue des cultures, et on ne règle pas les problèmes par l’affrontement. Est-ce qu’on ne devrait pas méditer un petit peu cela aujourd’hui ?
Lorsqu’il parle et défend la laïcité comme étant un élément essentiel de la République, est-ce qu’on ne devrait pas aujourd’hui reprendre un peu ce qu’il a dit ? Car ce qui est au coeur du pacte social, du pacte républicain, c’est la liberté, c’est la laïcité, c’est le droit pour chacun de croire ou de ne pas croire, le droit pour chacun d’avoir la religion ou pas de religion. On voit, à travers toutes ces recherches que j’ai faites, une constante. C’est un homme politique, qui a certes évolué sur un certain nombre de thèmes, notamment sur l’Europe, mais qui croit en une certaine idée de la France.
C’est une sorte de définition du chiraquisme, que vous avez écrit ?
Oui, c’est à la fois la tradition et la modernité. Il faut que la France retrouve sa tradition, de cette terre, qui est une terre d’accueil, où règne la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. Mais c’est aussi une terre où on ne tourne pas le dos à la modernité.
Je pense qu’à une époque où il y a une pensée zéro de la politique, il serait intéressant de retrouver un certain nombre d’idées. On pourrait faire le même exercice avec François Mitterrand. Il y avait jadis un certain nombre d’hommes et de femmes politiques, parce que le système médiatique était différent, ne cherchaient pas la petite phrase, mais la réflexion. Peut-être devrait-on s’inspirer de leur action.
Où Jacques Chirac et François Mitterrand se rejoignaient-ils ?
Je crois qu’ils se rejoignaient sur une certaine idée de la République, de la France. Une certaine lecture des institutions de la Ve république.
Quelles sont vos citations préférées de Jacques Chirac ?
J’aime beaucoup celle-ci : « On n’exporte pas la démocratie dans un fourgon blindé ». Alors il y en a d’autres qui sont plus grivoises… Quand, reprenant le toasts des cavaliers, qui est une chanson que tous les cavaliers à Saumur, il disait : « Allons boire à nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent. »
Recueilli par 
Antoine Busnel