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Quatre salariés d’Air France suspectés de violences à l’encontre de leurs dirigeants début octobre ont été licenciés « pour faute lourde », un cinquième, représentant du personnel, fait l’objet d’une procédure de licenciement spécifique en raison de son statut, a annoncé jeudi un porte-parole de la compagnie.
Ces cinq employés, principalement issus de la branche cargo, sont licenciés « sans indemnité ni préavis », a précisé Miguel Fortea, secrétaire général du syndicat CGTAir France.
Pour un sixième salarié, les faits « d’accusation d’agressions physiques n’ont pas été retenus », a indiqué le groupe aérien. Selon plusieurs sources syndicales, il fera l’objet d’une mise à pied, mais la direction va « retirer sa plainte pour violence », ne retenant que des « dégradations » à son encontre.
Au total, Air France a engagé 18 procédures disciplinaires à l’encontre de salariés suspectés d’avoir pris part aux violences survenues le 5 octobre, à l’annonce d’une restructuration prévoyant la possible suppression de 2.900 postes sur deux ans.
Ce jour là, les images de deux cadres de la compagnie fuyant, vêtements en lambeaux, la vindicte de salariés furieux avaient fait le tour du monde, suscitant l’inquiétude des pouvoirs publics et des milieux économiques sur leur impact pour l’image de la France.
Cinq d’entre eux seront jugés le 2 décembre au tribunal de Bobigny, en région parisienne.
Par ailleurs, onze salariés ont également écopé d’une mise à pied sans solde de 15 jours pour avoir participé, selon la compagnie, à l' »effraction » d’une grille d’accès.
La direction a assuré agir « de façon juste, équitable, proportionnée et rigoureuse », ce qui n’a pas convaincu les syndicats interrogés.
Pour les sanctions, elle s’appuie sur des vidéos tournées par des médias, « c’est juste une farce », « on ne voit personne qui met un coup » mais « juste du chahut », a réagi un délégué du syndicat Force ouvrière.
Le représentant CGT « ne tape sur personne », a affirmé Mehdi Kemoune, numéro 2 du syndicat. Il serait « plus intelligent de lever les sanctions », « que la direction laisse son ego de côté ». « C’est inadmissible et on se laissera pas faire », a-t-il dit, rappelant que la CGT appelait à la grève le 19 novembre.