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Thibaut Pézerat

« Sarkozy est obsédé par Hollande et ça lui coûtera cher, ni l’un ni l’autre ne sont des chefs d’Etat. » Il est agacé, cet élu filloniste, de voir la politique reprendre aussi vite ses droits, quelques jours après les attentats dont la France et ses habitants ont été les victimes. Tout autant agacé par les « grosses ficelles » du président, consistant à citer le « mentor » de Nicolas Sarkozy, Edouard Balladur, , que par la volte-face du président de son parti entre la soirée d’hier et ce matin.

Nicolas Sarkozy a en effet sensiblement changé son fusil d’épaule sur la question d’une révision constitutionnelle. , il fait savoir qu’il s’opposera à une telle mesure. Surprise,  : Nicolas Sarkozy avance finalement qu’il n’est pas « pas opposé » par principe à une réforme constitutionnelle, et précise qu’il attend néanmoins de « voir le contenu de celle-ci ». La nuit porte conseil et Nicolas Sarkozy a compris qu’en s’opposant à une telle modification, il brouillerait son discours sécuritaire.

Union nationale ? De l’histoire ancienne. Personne, à l’Assemblée nationale, n’a perdu ses vieux réflexes. Christiane Taubira est ainsi instantanément huée, ce mardi lors des Questions au gouvernement, avant même d’avoir pris la parole. Personne ou presque, sur les bancs « Républicains », n’applaudit Manuel Valls lorsqu’il tient à rendre hommage au travail des forces de l’ordre, des services de santé, et des agents du service public. Les attentats, on ne parle que de ça, mais on ne change rien à ses petites habitudes partisanes.

Laurent Wauquiez, qui avait étonné ces derniers mois par sa fidélité aux antiennes sarkozystes, joue désormais clairement sa carte. Alors que le chef du parti a écarté, ce mardi midi, la proposition du maire du Puy-en-Velay, consistant à interner tous les fichés S, l’ancien ministre, lui, défend devant le Premier ministre sa proposition lors de la séance de questions au gouvernement. « Pour quelle raison changerait-il d’avis ?« , justifie son entourage auprès de Marianne. « Il surfe », analyse plutôt un parlementaire proche de Bruno Le Maire, pas plus étonné que ça par les déclarations de son collègue.

Valérie Pécresse, elle, n’oublie pas que des élections régionales se déroulent le mois prochain – et qu’elle est candidate en Ile-de-France. La députée LR des Yvelines prend la parole pour présenter à Bernard Cazeneuve une série de propositions qui, ô surprise, devraient se retrouver dans son programme : le port obligatoire de la carte d’identité dans les transports publics, une création de « police des transports », plus de vidéoprotection, et un renforcement des liens entre services de renseignements et services publics.

Face à elle, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a retrouvé le Perchoir, lui qui avait le temps de la campagne en Ile-de-France. « Deuil national », rétorque-t-on dans le camp du président de l’Assemblée.

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