François Hollande et l’ancien Premier ministre Alain Juppé se sont retrouvés jeudi sous l’ombre tutélaire de Jacques Chirac, à la Fondation de l’ex-président, pour défendre les « valeurs républicaines » et la « dignité » du débat politique après les attentats.
« J’ai une pensée pour Jacques Chirac, qui ne peut pas être là aujourd’hui, mais qui a toujours été présent lorsqu’il s’est agi de défendre les valeurs de la République », a déclaré le chef de l’Etat au musée du quai Branly devant Bernadette Chirac et sa fille Claude ainsi qu’un parterre de ministres et de personnalités de droite.
« Durant sa présidence », Jacques Chirac « a été lui aussi confronté au terrorisme », a souligné M. Hollande, se tournant vers Alain Juppé au moment d’évoquer les attentats de 1995 alors que celui-ci était « Premier ministre ».
« C’était déjà l’islamisme radical qui frappait », a rappelé le président, qui a promis une réaction « impitoyable » après les agressions commises la veille à Marseille contre un enseignant juif et une femme musulmane portant le voile.
Auparavant, M. Juppé a réitéré son soutien à « l’unité nationale ».
« L’unité dans l’épreuve, ce n’est naturellement pas la fin du débat démocratique autour de projets de société différents, l’unité dans l’épreuve c’est la priorité donnée à la protection de nos concitoyens, à la défense de nos valeurs, à la dignité de la vie politique et de la parole politique », a-t-il lancé devant le président de la République.
– La « fermeté sur les valeurs fondamentales » –
D’une voix émue, l’ex-Premier ministre de Jacques Chirac a rendu hommage à l’ancien président, en particulier « à l’idéal de paix », de « solidarité », et « de fermeté sur les valeurs fondamentales » qu’il a porté.
Auparavant, Claude Chirac a fait passer un message de remerciement de la part de son père à François Hollande pour sa venue. « Ceux qui le côtoient le savent, il est pour lui des jours faciles et puis des jours qui le sont moins », a-t-elle glissé dans une allusion pudique à sa santé.
Latifa Ibn Ziaten, mère d’un des soldats tués par Mohammed Merah à Toulouse en 2012 et primée par la Fondation, a quant à elle lancé un vibrant appel à l’aide au président de la République pour « continuer son combat » et délivrer son message de paix.
« On a un problème dans les écoles, il y a beaucoup de souffrances », mais aussi « dans les maisons d’arrêt des gens qui se convertissent à l’islam (…) on doit faire des règles (…) C’est pas le prisonnier qui commande », a-t-elle averti.
Il faut « ouvrir les ghettos fermés », a-t-elle ajouté, appelant à la « mixité ».
François Hollande l’a assurée du « soutien nécessaire et indispensable de la République ».
Il a également fait référence aux atteintes à la culture, alors que la Fondation a aussi récompensé « les banques culturelles du Mali » pour leur rôle dans la sauvegarde du patrimoine attaqué par le groupe Etat islamique.
« Les terroristes veulent effacer toutes les traces de l’histoire, tout le patrimoine, comme si rien n’avait existé avant eux, alors que c’est eux qui n’existeront plus d’ici quelques années », a lancé le chef de l’Etat dans le musée des Arts Premiers créé par la volonté de Jacques Chirac.