Menaces d’attaques à Bruxelles: les enquêteurs sont à la recherche de deux terroristes

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Marc Metdepenningen

Bruxelles est en état de siège. La traque d’Abdeslam Salah se poursuit. Les enquêteurs craignent que d’autres cellules terroristes passent à l’action.

La décision de placer l’agglomération bruxelloise et Vilvorde sous le niveau de menace de niveau 4 (sur une échelle qui en compte 4) résulte « d’informations nouvelles analysées par l’Ocam » et transmises vendredi soir au Conseil national de sécurité.Les enquêteurs sont à la recherche d’au moins deux hommes dont l’un transporterait une bombe, du type de celles actionnées par les kamikazes lors des attaques menées à Paris le 13 décembre.

Le Premier ministre Charles Michel a confirmé lors de sa conférence de presse (lire ici) que le gouvernement craignait la commission à Bruxelles d’attentats semblables à ceux de Paris. Vendredi, l’une des deux personnes qui avaient été requises par Salah Abdeslam pour aller le chercher à Paris après les attentats, Hamza Attouh (21 ans), a finalement indiqué que le suspect avait été déposé à Laeken et qu’au cours du voyage vers Bruxelles il semblait « extrêmement énervé », selon son avocate, Me Carine Couquelet, son client aurait indiqué que son client aurait pu peut-être cache sous sa doudoune une ceinture explosive qu’il n’a pas vue.

Tous les terroristes abattus à Paris en portaient une. Celle d’Abdelhamid Abaaoud était portée par l’un de ses comparses qui s’est fait sauter lors de l’assaut de Saint-Denis. Il semble cohérent de croire, outre le témoignage d’Attouh, que le fugitif dispose toujours de la sienne. Cette traque aux terroristes s’est concrétisée, samedi vers 15h, par l’interception musclée par des policiers en civil d’une voiture immatriculée dans le nord de la France à bord de laquelle se trouvaient quatre personnes. Ils ont été relâchés après le contrôle.

De nombreuses complicités ?

Une autre préoccupation tient en l’existence de complices actifs, comme l’a démontré l’arrestation, jeudi à Bruxelles, d’un troisième complice « belge » des tueries de Paris, A. Lazez dont la fouille du domicile à Molenbeek, rue des Quatre-Vents, a permis de mettre la main sur cinq armes qui « ne sont pas des kalachnikovs », confirme le parquet fédéral.

L’existence d’un réseau étendu de complices est encore démontrée par le « nettoyage » de l’appartement d Hasna Aït Boulahcen, la cousine d’Abdelhalmid Abaaoud, effectué après son décès par des inconnus.

Abbaoud ne serait pas le « cerveau » des attentats de Paris

Un autre Belge, Ahmed Dahmani, 26 ans, a été arrêté vendredi en Turquie. Il venait d’arriver à Antalya en provenance du Maroc, lorsqu’il a été pris en filature par des policiers turcs qui l’ont arrêté alors qu’il rejoignait deux Syriens, Ahmed Tahir (29 ans) et Mohammad Vert (23 ans), vraisemblablement chargés de le convoyer jusqu’en Syrie.

Dahmani est soupçonné d’avoir effectué les repérages des lieux à frapper par l’équipe d’Abaaoud qui n’aurait pas été le « cerveau » des attentats parisiens mais bien le coordinateur de ceux-ci. Son attitude ne ressemble pas à celle d’un « inspirateur » : c’est parce qu’il était dépourvu de tout moyen de fuite et d’hébergement qu’il a fait appel à sa cousine qui était filée par la police.

Yassine, le frère d’Abaaoud, arrêté au Maroc en octobre dernier, alors qu’il avait été expulsé de Turquie pourrait avoir donné de précieux renseignements à la police marocaine qui l’interrogeait. Le soupçon qu’il tuyautait les enquêteurs s’était déjà fait jour lors des faits commis à Verviers, le 15 janvier. Yassine Abaaoud, emprisonné pour des délits de droit commun depuis la mi-novembre 2014, était l’une des personnes placées sous écoutes par les enquêteurs. Il disposait en prison, au su de la direction, d’un GSM qui recevait des appels émanant sans doute de son frère Abdelhamid, passés depuis le Grèce ou la Turquie sous le pseudonyme d’Omar. Il assurait le relais vers la cellule de Verviers. Il n’avait jamais été inculpé comme complice de la cellule de Verviers, malgré son rôle d’intermédiaire important. Il avait été libéré le jour même de l’assaut mené contre l’appartement séditieux de Verviers sur main levée du juge d’instruction en charge de son dossier de délinquance ordinaire.

 

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