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Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

Le ministre des Affaires étrangères russe a répondu aux questions des journalistes, au lendemain de l’incident impliquant un avion russe, abattu par l’aviation turque près de la frontière syrienne.

Le chef de la diplomatie a soutenu la proposition de François Hollande portant sur la fermeture de la frontière entre la Turquie et la Syrie, estimant qu’une telle mesure «pourrait interrompre les chaînes d’approvisionnement des organisations terroristes en combattants»

L’incident impliquant l’avion russe était «un acte prémédité», a estimé le ministre russe des Affaires étrangères, en notant que les autorités turques «cherchaient vraisemblablement un prétexte» à une telle attaque. Cependant, «il est difficile de juger des véritables raisons de telles actions», selon le diplomate.

«Je crois qu’il faut en conclure que des attaques semblables à celle ayant eu lieu mardi sont absolument inadmissibles», a martelé le ministre, en répondant à la question sur les possibles mesures que la Turquie devrait adopter pour que les recommandations faites aux citoyens russes de ne pas la visiter soient levées.

«Certains membres de la coalition nous ont fait savoir que lorsqu’ils utilisent des avions de fabrication américaine dans des combats, les Etats-Unis demandent à en être référés. On voudrait bien savoir si la Turquie a sollicité une telle permission», a dit le ministre.

Avant que ne soit établie la liste concrète des organisations terroristes et celle des forces d’opposition qui agissent en Syrie, il sera extrêmement difficile de continuer le processus de négociations qui a été entamé à Vienne, a estimé Sergueï Lavrov.

«Lors du sommet d’urgence de l’OTAN convoqué par la Turquie, les observations émises par certains membres n’étaient pas objectives, mais visaient surtout à justifier l’incident de mardi», a souligné le ministre russe.

La déclaration faite par Jens Stoltenberg à l’issue de ce sommet n’a d’ailleurs pas été approuvé par tous les membres de l’Alliance, et contenait des déclarations mordantes vis-à-vis de la Turquie, a ajouté le responsable.

La ligne directe de communication entre les ministères de la Défense russe et turc qui a été établie à l’initiative de la Russie dès le début de l’opération aérienne en Syrie n’a pas été utilisé mardi ou mercredi, a fait savoir le chef de la diplomatie russe. «Cela suscite également des questions», a-t-il noté.

Les relations amicales entre les peuples ne dépendent des actions politiques, a souligné le ministre. Cependant, Moscou entend réévaluer «sérieusement» ses relations avec Ankara, a noté Sergueï Lavrov.

«Même si on prend en compte que le SU-24 a survolé l’espace aérien turc pour une durée totale de 17 secondes, je me suis rappelé de l’incident d’il y a trois ans, lorsque M. Erdogan avait estimé qu’une courte violation de l’espace aérien d’un pays ne peut pas être un prétexte pour l’application de la force», a rappelé Sergueï Lavrov, en faisant référence à la Syrie qui avait alors abattu un avion turc.

D’après les informations des services spéciaux russes qui suivent de près la situation en Turquie, «trop d’éléments qui représentent une menace pour nos citoyens se sont accumulés sur le territoire de ce pays».

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