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La droite renoue avec les meetings pour tenter de contrer la montée du FN.
La gauche reste sur la réserve avant l’hommage aux victimes des attentats.
Alors que les ténors socialistes attendent l’hommage aux victimes du terrorisme vendredi pour revenir pleinement dans la campagne des régionales, les leaders de la droite sont eux repartis sur le terrain. Nicolas Sarkozy lui-même met les bouchées doubles. Ce jeudi, il doit se rendre à Avignon pour soutenir le candidat à la présidence de la région Paca, Christian Estrosi, en difficulté dans les sondages face à sa rivale FN, Marion Maréchal-Le Pen. Mercredi, le président des Républicains s’est rendu auprès de Philippe Richert dans le Grand Est, pour donner la réplique à Marine Le Pen venue, elle, appuyer Florian Philippot.
A gauche comme à droite, la tonalité a changé
Localement, les candidats de gauche comme de droite ont tous progressivement repris campagne. Mais sur des tonalités différentes. Les têtes de liste socialistes persistent à ne pas trop en faire : pas de grands meetings, pas de ministre en tête d’affiche, mais plus de réunions participatives. Pour la reprise de la campagne nationale, prévue samedi, une semaine tout juste avant le premier tour, le PS a adapté sa stratégie. Le Premier ministre Manuel Valls a rencontré mardi rue de Solferino la quasi-totalité des têtes de liste pour caler le discours pour la dernière semaine. Plus question de taper frontalement sur la droite, comme prévu initialement. Le parti entend jouer à fond la carte de l’union nationale pour essayer de surfer sur le regain de popularité de François Hollande.
A droite aussi la tonalité a changé : « On ne parlait déjà pas de nos adversaires, on en parle encore moins aujourd’hui, confie un soutien de Valérie Pécresse. Et notre discours, sur la sécurité notamment, est sur le ton de la proposition». La tête de liste en Ile-de-France a annulé un meeting en début de semaine dernière, puis adapté un second jeudi. Mais dès samedi, sa campagne a repris de manière plus classique, de visites en rencontres avec les militants. « Nous sommes partis du principe que si le gouvernement maintient les élections, il faut continuer à faire campagne. C’est une position claire, à l’inverse de la duplicité sur laquelle veut jouer la gauche», défend l’entourage de l’ancienne ministre.
La reprise rapide d’opérations de campagne plus classiques par les candidats de la droite, à l’image du meeting de Christian Estrosi de ce jour, et de la plus forte implication de ses cadres, témoigne de l’inquiétude grandissante des Républicains face à un scrutin qui s’avère beaucoup moins favorable qu’escompté, suite aux attentats notamment. Selon le « Canard enchaîné », Nicolas Sarkozy lui-même aurait déclaré à des proches que sa famille politique est prise « en sandwich entre un FN dopé par les attentats et une gauche remobilisée par l’union nationale et l’attitude guerrière de son chef». Les derniers sondages publiés un peu plus d’une semaine après les attentats mesurent surtout une progression des candidats FN. François Hollande a de son côté atteint son plus haut niveau de popularité depuis trois ans. Mais ce regain en termes d’image ne se traduit pas par une hausse des intentions de vote en faveur des listes de gauche pour le moment.