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guerre des religions, la Corse, Le désordre français, pouvoir central

La Corse et l’imposture nationaliste
Lorsque, par les mécanismes électoraux ineptes des élections régionales, les nationalistes ont pris le pouvoir dans l’Assemblée de Corse, personne ne pouvait imaginer la malhonnêteté avec laquelle ces bandits de grand chemin trop longtemps tolérés en démocratie allaient immédiatement utiliser un pouvoir bien mal acquis.
Rappelons que la liste du nouveau président de l’Assemblée corse a recueilli 24.600 voix au premier tour, soit même pas 11% des inscrits. Celle de Talamoni a obtenu 10.300 voix, soit moins de 5% des inscrits au premier tour. La fusion de listes a permis de faire passer tout ce petit monde à près de 53.000 voix, soit moins de 25% des inscrits, et moins de 50% des votants. C’est avec une si faible majorité que les nouveaux occupants du pouvoir ont décidé de fouler au pied la souveraineté française en prononçant, dans une totale apathie du pouvoir central, leurs discours d’investiture en patois local.
S’il fallait une preuve de l’affaiblissement colossal dont souffre l’autorité publique en France, elle est ici donnée avec brio.
La Corse pousse son avantage
De façon encore plus impressionnante, les Corses, se sentant pousser des ailes, ont décidé de mettre le doigt dans l’engrenage de la Terreur locale. Après un guet-apens hallucinant tendu à des pompiers dans un quartier sensible d’Ajaccio, six cents personnes, que les nationalistes locaux prétendent ne pas connaître, ont mené une expédition punitive en reprochant au pouvoir central de ne pas avoir empêché l’embuscade de la veille.
On rêve! là encore, lorsque le nationalisme corse s’exprimait par des cagoules et des rassemblements nocturnes armés, personne en Corse ne trouvait à redire à l’impuissance nationale. Arrivés au pouvoir, ceux-là même qui dénonçaient toute ingérence policière extérieure se mettent à pleurnicher sur l’absence d’ingérence. Qu’il ne se trouve personne, au gouvernement, pour remettre ces mauvais coucheurs au pas est une preuve supplémentaire de notre décadence.
La Corse et son climat de haine
Il suffit de lire la une de Corse Matin pour comprendre que l’appel à la haine et au désordre, loin d’être étranger à l’imposture nationaliste sur l’île, en est un élément constitutif. Entre Ajaccio et Bastia, l’heure est à la vengeance, et même aux vengeances tous azimuts. Ces insulaires qui geignent sur leur sort, se victimisent à longueur de journée, mais évitent de se demander pourquoi ils n’ont jamais financé le développement des transports intérieurs quand l’île compte plus d’aéroports internationaux par habitant qu’aucun autre territoire au monde, ont désormais un intérêt objectif: consolider leur position électorale en instaurant un régime de terreur.
Là encore, on se demande comment un François Hollande uniquement obsédé par sa réélection trouvera suffisamment d’intelligence politique pour conserver l’unité nationale.
La Corse et l’impuissance du pouvoir central
La situation en Corse a un mérite: elle dévoile ce qu’est la tendance asymptotique de la décentralisation. Des strates successives d’autonomie corse n’ont en rien réglé le problème du nationalisme. Malgré les avantages fiscaux à profusion, malgré la tolérance pour le banditisme fiscal, malgré des subventions à tour de bras (aux aéroports, à la SNCM, etc.), malgré une surfonctionnarisation de l’île, la minorité nationaliste n’en a jamais assez.
Le schéma de la Corse, c’est celui que l’ensemble de la France suivra dans les années à venir: toujours plus de droits locaux, toujours moins d’obligations nationales, toujours plus de subventions, toujours moins de prospérité collective.
Le désordre français et la tentation centrifuge
L’implosion cachée du pouvoir central depuis 2012 n’arrange évidemment pas la situation. L’arrivée des nationalistes à la tête de l’exécutif local en a constitué la preuve flagrante. Le gouvernement est incapable de formuler un projet politique pour enrayer la tentation centrifuge qui s’est emparée de l’opinion française.
Nous aurions bien tort, toutefois, d’incriminer les Français et les Corses. Les premiers responsables de la route ne sont autres que les aristocrates parisiens totalement décadents, obsédés par leurs privilèges, sourds aux appels du pays, et qui le mènent à la catastrophe.
La Corse montre-t-elle le chemin d’une guerre des religions?
Au-delà des aspects de politique interne qui ne manquent pas de poser de nombreuses questions sur le destin français, le saccage d’une salle de prières par une foule de manifestants en colère, sous le coup d’une émotion plus ou moins spontanée, réalise la grande peur du moment. La France peut-elle basculer, comme tente de l’en convaincre les barbares de l’Etat Islamique, dans une guerre de religions?
Certains craignent ouvertement le premier attentat anti-musulman: la mosquée qui brûle, la « vendetta » aveugle et suffisamment marquante pour qu’elle soit vécue comme un symbole d’agression collective contre la communauté islamique de France. Nul ne sait, ce jour-là, dans quelle aventure la France basculera, à quel désordre elle sera promise, ni quelle sera l’issue de ce désordre…