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Amnesty International, Chine, cobalt, Enfants, République démocratique du Congo, responsabilité sociale des entreprises
Samsung, Sony, Apple, Microsoft, Lenovo et Volkswagen figurent parmi les acheteurs de cobalt de compagnies minières chinoises épinglées dans un rapport d’Amnesty International rendu public cette semaine.
Intitulé « This is what we die for: Human rights abuses in the Democratic Republic of the Congo power the global trade in cobalt », ce document retrace le parcours du cobalt utilisé dans les batteries lithium-ion, depuis les mines où des enfants parfois âgés de sept ans seulement et des adultes travaillent dans des conditions périlleuses.
« Des millions de personnes bénéficient des avantages des nouvelles technologies, sans se préoccuper de la manière dont elles sont fabriquées. Il est temps que les grandes marques assument leur part de responsabilité dans l’extraction des matières premières qui rendent leurs produits si lucratifs. »
Le rapport dévoile que les négociants achètent le cobalt extrait dans des zones où le travail des enfants est monnaie courante et le vendent à la Congo Dongfang Mining (CDM), filiale détenue à 100 % par le géant chinois de l’exploitation minière Zhejiang Huayou Cobalt Ltd (Huayou Cobalt).
« Les violations des droits humains perpétrées dans les mines demeurent hors de la vue et des consciences : en effet, sur le marché mondialisé, les consommateurs n’ont aucune idée des conditions de travail dans les mines, les usines et les chaînes de montage. Nous avons découvert que les négociants achètent le cobalt sans poser de questions sur le lieu et les conditions d’extraction. »
Les chercheurs d’Amnesty International ont également constaté que la vaste majorité des mineurs passent chaque jour de longues heures à travailler en contact avec le cobalt, sans les équipements élémentaires (gants, vêtements de travail ou masques notamment) pour les protéger contre les maladies pulmonaires ou dermatologiques.
Le rapport révèle que les entreprises impliquées dans la filière d’approvisionnement du cobalt ne prennent pas en compte les risques en termes de droits humains liés à leurs activités.
« La plupart de ces multinationales assurent appliquer une politique de tolérance zéro s’agissant du travail des enfants. Pourtant, ce ne sont que de belles paroles,
« Tant que les entreprises ne seront pas tenues légalement de contrôler la provenance des minerais et leurs fournisseurs et de rendre ces informations publiques, elles continueront de tirer profit de violations des droits humains. Les gouvernements doivent en finir avec ce manque de transparence, qui permet aux entreprises de tirer profit de la misère. »
Amnesty International et Afrewatch demandent aux multinationales qui intègrent des batteries lithium-ion dans leurs produits d’appliquer le principe de diligence due en matière de droits humains, d’enquêter pour déterminer si le cobalt est extrait dans des conditions dangereuses ou en recourant au travail des enfants, et de renforcer la transparence quant à leurs fournisseurs.
Elles invitent également la Chine à exiger des compagnies minières chinoises qui opèrent à l’étranger qu’elles enquêtent sur leurs filières d’approvisionnement et remédient aux atteintes aux droits humains liées à leurs activités. Amnesty International et Afrewatch engagent Huayou Cobalt à révéler qui participe à l’extraction et au commerce de son minerai, et quels sont les sites d’extraction, et à s’assurer qu’elle n’achète pas de cobalt extrait grâce au travail des enfants ni dans des conditions dangereuses.
Les 16 multinationales examinées dans le rapport sont Ahong, Apple, BYD, Daimler, Dell, HP, Huawei, Inventec, Lenovo, LG, Microsoft, Samsung, Sony, Vodafone, Volkswagen et ZTE.