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PARIS (Reuters) – La France entamera dans les prochaines semaines des démarches pour préparer une conférence internationale afin de relancer le processus de paix israélo-palestinien et faire aboutir la solution des deux Etats, a annoncé vendredi Laurent Fabius.
En cas d’échec de cette initiative, la France reconnaîtra l’Etat palestinien comme un Etat à part entière, a prévenu le ministre français des Affaires étrangères lors de ses voeux aux corps diplomatiques.
Menées sous l’égide des Etats-Unis, les dernières négociations de paix directes entre Israël et l’Autorité palestinienne n’ont débouché sur aucun accord en avril 2014 et sont depuis au point mort.
« Nous constatons malheureusement que la colonisation continue », a déclaré Laurent Fabius. « Nous ne devons pas laisser se déliter la solution des deux Etats. C’est notre responsabilité de membre permanent du Conseil de Sécurité et de puissance de paix. »
« La France engagera donc dans les semaines qui viennent des démarches afin de préparer une Conférence internationale rassemblant autour des parties leurs principaux partenaires – américain, européens, arabes, notamment – afin de préserver et de faire aboutir la solution des deux Etats », a-t-il ajouté.
Si cette « ultime tentative de solution négociée se heurte à un blocage », « nous devrons prendre nos responsabilités en reconnaissant l’Etat palestinien », a estimé Laurent Fabius.
De source diplomatique française, on précise que Paris voudrait organiser la conférence avant l’été et que cette démarche ne sera pas adossée à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui serait vouée à l’échec, les Etats-Unis ayant toujours opposé leur veto à ce genre d’initiative.
La proposition française a été bien accueillie par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
« Il ne fait aucun doute que la reconnaissance de l’Etat palestinien par la France contribuerait à établir la paix et la stabilité dans la région », a assuré son porte-parole, Nabil Abou Rdainah.
Un responsable israélien a au contraire jugé que cette initiative était « contre-productive », un reproche déjà fait aux précédentes tentatives françaises visant à relancer le processus de paix.
« Le ministre français des Affaires étrangères a annoncé d’emblée que si son initiative devait terminer dans l’impasse, la France reconnaîtrait l’Etat palestinien. Cette déclaration constitue une incitation pour les Palestiniens à conduire le processus dans l’impasse », a déclaré le responsable sous le sceau de l’anonymat.
« On ne peut pas négocier comme cela ni parvenir à la paix de cette manière », a-t-il ajouté.
(John Irish, avec Dan Williams et Luke Baker à Jerusalem, édité par Marine Pennetier et Tangi Salaün)