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Federico Lombardi a répondu, dans la soirée du mardi 16 février, à Donald Trump, lui suggérant d’user d’une « dose de perspective mondiale ». Selon le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, qualifier le pape de pro-immigration est « vraiment très étrange », relate notamment Crux (en anglais).
Une préoccupation “universelle”
A la veille de la messe à la frontière séparant le Mexique des États-Unis, Federico Lombardi a déclaré aux journalistes que « la préoccupation du pape pour la dignité humaine des migrants et des réfugiés est universelle ».
« Le pape parle toujours des problèmes liés à l’immigration, des devoirs que nous avons à résoudre ces problèmes d’une manière humaine, d’accueillir ceux qui viennent d’autres pays à la recherche d’une vie digne et paisible, a précisé le père Lombardi. Si M. Trump venait en Europe, il se rendrait compte que le pape, sur l’immigration, tient le même langage à tous, Italiens, Allemands, Français ou Hongrois… »
« Laisser entendre que le pape est un instrument du gouvernement mexicain, non… C’est vraiment très étrange », a poursuivi le porte-parole du Vatican, peu avant l’arrivée du pape dans la ville-frontière de Ciudad Juarez, dernière étape de son voyage apostolique au Mexique.
2016, année de l’immigration?
La semaine dernière, Donald Trump, dans une interview à la chaîne Fox Business avait présenté le pape comme quelqu’un de « très politique », suggérant que le gouvernement mexicain l’avait convaincu de célébrer cette messe “transfrontalière” à Ciudad Juarez, à proximité immédiate de El Paso, dans l’État américain du Texas.
« Je pense qu’il ne comprend pas les problèmes de notre pays, avait ajouté Donald Trump. Je ne pense pas qu’il comprenne le danger de la frontière ouverte que nous avons avec le Mexique. »
Cette clarification du Saint-Siège sur les prises de position du pontife au sujet de l’immigration et ce déplacement symbolique à Ciudad Juarez au terme de son voyage au Mexique confirme, estime (en anglais) le vaticaniste John Allen que, « si 2015 a été “l’année de l’environnement” dans l’agenda social du pape François, avec son encyclique Laudato Si’ et son plaidoyer autour du sommet sur le changement climatique de l’ONU à Paris, 2016 se dessine comme “l’année de l’immigration”. »
